Accord mondial sur la décarbonation des bateaux : la décision reportée sous pression américaine
Londres – Le monde de la navigation maritime devra encore patienter avant de voir un tournant historique vers la décarbonation. Les pays membres de l’Organisation maritime internationale (OMI) ont annoncé vendredi le report d’un an de leur décision sur un plan visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre des navires, une victoire stratégique pour les États-Unis, qui ont exercé une forte pression pour freiner ce texte.
Ce plan, approuvé en principe en avril dernier, représentait une étape majeure pour un secteur reconnu comme l’un des plus polluants au monde. Il prévoyait une réduction progressive des émissions des navires dès 2028, avec pour objectif une décarbonation totale à l’horizon 2050. L’adoption officielle aurait marqué un virage climatique inédit pour la flotte mondiale, touchant aussi bien le transport de marchandises que les croisières.
Mais la route vers cet accord a rencontré un obstacle de taille : l’opposition américaine, qui a invoqué des risques économiques et des enjeux industriels pour retarder la mise en œuvre. Les discussions intenses de ces derniers jours ont abouti à un compromis : un report d’un an de la décision finale, laissant ainsi le temps aux États-Unis et à d’autres pays sceptiques de continuer à peser sur le calendrier.
Pour les défenseurs de l’environnement et les experts climatiques, ce report est un coup dur. « Chaque année de retard, c’est une année supplémentaire d’émissions évitables dans un secteur déjà responsable d’une part importante de la pollution maritime », souligne une spécialiste des transports durables.
Malgré ce contretemps, l’OMI reste déterminée à pousser le secteur vers la neutralité carbone. La prochaine année sera cruciale : les négociations devront concilier ambitions climatiques et réalités économiques, tout en répondant à une pression croissante des acteurs internationaux pour un engagement concret.
L’accord mondial sur la décarbonation des bateaux reste ainsi un symbole de la tension entre impératifs environnementaux et intérêts géopolitiques, avec une échéance désormais repoussée à 2026 pour un tournant décisif.
