« C’est une impréparation » : Jean-Louis Billon charge Tidjane Thiam et appelle à « mettre les égos de côté »

« C’est une impréparation » : Jean-Louis Billon charge Tidjane Thiam et appelle à « mettre les égos de côté »

Le verdict est tombé, amer pour le PDCI-RDA : son candidat, Tidjane Thiam, ne participera pas à la présidentielle ivoirienne du 25 octobre. Une exclusion qui continue de provoquer des remous dans les rangs du parti fondé par Félix Houphouët-Boigny. Et c’est Jean-Louis Billon, homme d’affaires et figure dissidente du PDCI, qui a choisi de décocher ses flèches, tout en tendant la main.

« C’est une impréparation qui a amené son élimination »

Dans un entretien accordé ce vendredi 17 octobre à France 24, le président du Congrès démocratique (CODE), désormais candidat à la magistrature suprême, n’a pas épargné l’ex-directeur général du Crédit Suisse. Selon lui, l’exclusion de Tidjane Thiam du scrutin n’est rien d’autre qu’un échec personnel.
« Tidjane Thiam a lui-même avoué qu’il ne connaissait ni la Constitution ni l’article 48 du Code de la nationalité. Donc, c’est son impréparation qui a amené son élimination tout simplement », a lâché Jean-Louis Billon, le ton tranchant.

Une attaque frontale, mais teintée de dépit : l’homme d’affaires, resté attaché au PDCI, estime que la mésaventure de Thiam prive le parti d’un poids lourd et d’une chance réelle de peser dans le scrutin.

Le PDCI, orphelin de candidat

L’affaire de double nationalité de Tidjane Thiam a bouleversé les plans du parti. La justice a jugé qu’en devenant citoyen français en 1987, il avait perdu sa nationalité ivoirienne. Et malgré sa renonciation à la nationalité française en mars dernier, son nom n’a pas été réintégré à temps sur la liste électorale. Conséquence : le PDCI-RDA, formation historique de l’indépendance ivoirienne, se retrouve spectateur d’une élection majeure.

« Mettons nos égos de côté, pensons à la Côte d’Ivoire »

Malgré ses piques, Jean-Louis Billon n’a pas fermé la porte à la réconciliation. Dans un ton plus conciliant, il a appelé Tidjane Thiam à rejoindre sa démarche politique :
« Je pense que le plus important, c’est la Côte d’Ivoire et qu’on doit mettre nos égos de côté et obtenir une grande victoire pour le PDCI, parce que je reste un militant du PDCI. J’appelle mon frère Tidjane. Mettons nos égos de côté, pensons à la Côte d’Ivoire, aux Ivoiriens, et faisons en sorte que nous puissions obtenir une grande victoire », a-t-il exhorté.

Mais dans les coulisses, peu d’observateurs croient à un rapprochement entre les deux hommes. Tidjane Thiam, jugé distant et peu enclin aux compromis politiques, n’a jusqu’ici donné aucun signe d’ouverture.

Une fracture révélatrice des tensions internes

L’épisode révèle les fractures profondes qui traversent le PDCI depuis plusieurs années. Entre la génération des « réformistes » incarnée par Thiam et celle des « traditionalistes » représentée par Billon et d’autres figures du parti, la bataille pour l’héritage politique d’Houphouët-Boigny s’intensifie.

En s’en prenant à l’impréparation de Thiam, Jean-Louis Billon ne règle pas seulement des comptes : il tente aussi de s’imposer comme l’alternative crédible d’un parti en quête de repères. Mais son appel à « mettre les égos de côté » résonne pour l’instant dans le vide d’un PDCI orphelin de direction et de stratégie.

Seune Cheikh FAYE

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