Frappes pakistanaises en Afghanistan : Kaboul promet une riposte après la rupture de la trêve
La tension remonte brutalement entre Islamabad et Kaboul. Le Pakistan a mené, vendredi soir 17 octobre, des frappes aériennes dans la province afghane de Paktika, frontalière du territoire pakistanais. L’information a été confirmée à l’AFP par un haut responsable taliban, qui a affirmé que la trêve entre les deux pays était désormais « rompue ».
« Il y a quelques minutes, le Pakistan a rompu le cessez-le-feu et bombardé trois endroits à Paktika », a déclaré cette source, sous couvert d’anonymat, ajoutant que « l’Afghanistan ripostera ».
Ces frappes marquent un nouveau tournant dans les relations déjà tendues entre les deux voisins, régulièrement accusés mutuellement d’abriter des groupes armés opérant de part et d’autre de la frontière. Selon des sources locales, les bombardements auraient visé des positions supposées du Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), un groupe islamiste pakistanais considéré comme proche des talibans afghans.
Aucune information officielle n’a encore été communiquée sur d’éventuelles victimes, mais les autorités talibanes dénoncent une violation « flagrante » de la souveraineté afghane. « Ces attaques constituent une provocation inacceptable et auront des conséquences », a déclaré un porte-parole du gouvernement taliban dans un message relayé sur les réseaux sociaux.
Du côté pakistanais, aucune réaction n’avait été publiée vendredi soir. Cependant, cette opération intervient dans un climat sécuritaire extrêmement fragile, alors que le Pakistan accuse depuis plusieurs mois les talibans afghans de fermer les yeux sur les activités du TTP dans les zones frontalières.
Si la trêve est bel et bien rompue, c’est un nouvel épisode de confrontation directe qui s’annonce entre deux régimes aux relations aussi complexes que précaires, sur fond de rivalités régionales et de lutte d’influence au cœur de l’Asie centrale.
