São Tomé-et-Principe parie sur le tourisme durable pour transformer son économie
Le pays s’apprête à accueillir un Dialogue politique de haut niveau le 30 octobre 2025, soutenu par la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), afin d’ancrer durablement le tourisme dans sa stratégie nationale de diversification économique.
São Tomé-et-Principe franchit un tournant majeur dans la valorisation de son potentiel touristique. Avec l’appui de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA) et du Bureau du Coordonnateur résident des Nations Unies, le gouvernement organise un Dialogue politique de haut niveau sur le tourisme durable, le 30 octobre 2025, précédé d’un atelier technique de validation le 29 octobre.
Cette double rencontre marque une étape décisive dans la deuxième phase du projet de développement des Comptes satellites du tourisme (CST) — un instrument stratégique conçu pour mesurer avec précision la contribution réelle du tourisme à l’économie nationale et en faire un levier de croissance inclusive et de développement durable.
Du diagnostic technique à l’engagement politique
Selon le communiqué de la CEA, le Dialogue de haut niveau du 30 octobre « constituera un moment clé de plaidoyer et d’engagement politique ». Il réunira autour de la table les autorités gouvernementales, les partenaires techniques et financiers, le secteur privé, les universitaires et la société civile, afin de traduire les avancées techniques du projet en engagements politiques concrets.
L’objectif est clair : intégrer durablement le tourisme fondé sur les données dans les politiques de diversification économique, renforcer la coordination institutionnelle et mobiliser les partenaires nationaux et internationaux pour la mise en œuvre d’une feuille de route commune.
« Ce dialogue vise à transformer les résultats techniques du projet en engagements politiques concrets, en plaçant le tourisme durable au cœur de la diversification économique de São Tomé-et-Principe », a déclaré Jean Luc Mastaki, Directeur du Bureau sous-régional pour l’Afrique centrale de la CEA.
Le tourisme, pilier de la diversification et de la durabilité
Les premiers Comptes satellites du tourisme de São Tomé-et-Principe, élaborés avec le soutien de la CEA et des institutions nationales, établissent désormais une base scientifique solide pour mieux capter la contribution réelle du secteur.
Le rapport analytique, produit à l’issue de l’atelier de septembre 2025, estime que le tourisme représente environ 11 % du PIB et 10 % de la valeur ajoutée brute du pays. Ces chiffres confirment le rôle structurant du secteur dans la relance économique post-pandémie et la diversification des revenus nationaux.
« Notre action vise à accompagner les pays dans la mise en œuvre de politiques de développement fondées sur des évidences. Le potentiel touristique de São Tomé-et-Principe ne peut être pleinement valorisé que par des investissements publics et privés bien ciblés et informés », a souligné M. Mastaki.
Un modèle régional pour la gouvernance fondée sur les données
Depuis 2024, le projet soutenu par la CEA a permis de former près de 25 experts nationaux issus des ministères, du secteur privé, du milieu académique et de la société civile. Cette montée en compétence nationale renforce la capacité du pays à produire et analyser régulièrement les données touristiques.
L’initiative s’inscrit dans une dynamique régionale plus large visant à outiller les économies africaines avec des indicateurs fiables pour guider les politiques publiques et attirer des investissements durables dans le secteur du tourisme.
Une vision de long terme
Pour São Tomé-et-Principe, l’enjeu dépasse la seule performance économique : il s’agit d’inscrire le tourisme durable au cœur d’un modèle de développement inclusif, conciliant croissance, protection de l’environnement et bien-être social.
En consolidant les acquis de ce projet, le pays ambitionne de devenir un exemple de gouvernance touristique fondée sur les données, au service d’une économie résiliente, ouverte et durable — en droite ligne avec les Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies.
