Japon : Sanae Takaichi, première cheffe du gouvernement, critiquée pour le faible nombre de femmes ministres
La promesse d’un gouvernement « à la scandinave » n’aura pas duré longtemps. À peine nommée Première ministre du Japon, Sanae Takaichi, première femme à occuper ce poste dans l’histoire du pays, fait déjà face à une vague de critiques. En cause : la composition de son cabinet, dévoilée mardi 21 octobre, qui ne compte que deux femmes ministres sur une vingtaine de portefeuilles.
Pourtant, la dirigeante conservatrice avait fait de la parité un symbole fort de sa campagne et de son accession au pouvoir. Admiratrice affichée de l’ancienne Première ministre britannique Margaret Thatcher, Mme Takaichi avait assuré, le mois dernier, que son gouvernement et le comité exécutif de son parti au pouvoir présenteraient « un équilibre hommes-femmes comparable à celui des pays scandinaves ».
Mais la réalité s’avère bien différente. Dans un pays où la représentation féminine reste historiquement faible, cette nomination partielle déçoit les espoirs de nombreux observateurs et militants pour l’égalité. Le Japon occupe en effet la 118e place sur 148 au classement mondial 2025 du Forum économique mondial sur l’écart entre les sexes. À la Chambre basse du Parlement, les femmes ne représentent que 15 % des députés.
« C’est une occasion manquée », estime une professeure de sciences politiques à l’université de Tokyo, citée par la presse locale. « Le Japon avait l’occasion d’envoyer un message fort en matière d’égalité, mais le symbole s’efface derrière la continuité. »
Face aux critiques, la Première ministre s’est défendue, affirmant avoir privilégié « la compétence et l’expérience » dans le choix de ses ministres. « L’équilibre entre les genres reste un objectif à long terme », a-t-elle ajouté.
Ce contraste entre promesses et réalité relance le débat sur la place des femmes dans la vie politique japonaise, toujours dominée par des élites masculines âgées. Et si la nomination de Sanae Takaichi reste un jalon historique, sa capacité à incarner un réel changement social et politique demeure, pour l’heure, à prouver.
