Israël n’a pas prouvé qu’une partie du personnel de l’UNRWA était membre du Hamas, tranche la Cour internationale de Justice
La Cour internationale de Justice (CIJ) a rendu ce mercredi un avis très attendu sur les obligations d’Israël envers les organismes humanitaires opérant dans la bande de Gaza. Elle a notamment estimé que l’État hébreu n’a pas apporté de preuves suffisantes pour justifier ses accusations selon lesquelles des employés de l’UNRWA (l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens) seraient affiliés au Hamas.
« La Cour conclut qu’Israël n’a pas étayé ses allégations selon lesquelles une partie importante des employés de l’UNRWA seraient des membres du Hamas ou d’autres factions terroristes »,
a déclaré Yuji Iwasawa, président de la CIJ, lors de la lecture de l’avis rendu à La Haye.
Une décision qui fragilise la position d’Israël
Depuis plusieurs mois, Israël accuse l’UNRWA d’abriter dans ses rangs des agents du Hamas, justifiant ainsi les restrictions imposées à l’action humanitaire de l’agence à Gaza. Ces accusations avaient conduit plusieurs pays donateurs — dont les États-Unis et le Royaume-Uni — à suspendre temporairement leurs financements à l’agence.
Mais la décision de la CIJ vient réaffirmer la présomption de neutralité de l’institution onusienne et remet en cause la légitimité des accusations israéliennes.
L’obligation humanitaire rappelée à Israël
Dans son avis, la Cour souligne qu’en tant que « puissance occupante », Israël demeure responsable du bien-être des civils palestiniens et doit répondre à leurs besoins fondamentaux, notamment l’accès à l’eau, à la nourriture, aux soins et à l’électricité.
La CIJ a en outre exigé qu’Israël facilite sans entrave l’acheminement de l’aide humanitaire, en particulier celle fournie par l’UNRWA, qui reste le principal acteur d’assistance à Gaza depuis plus de 70 ans.
Contexte : une crise humanitaire sans précédent
Cet avis intervient dans un contexte de crise humanitaire aiguë dans l’enclave palestinienne, où des millions de civils dépendent presque exclusivement de l’aide internationale pour survivre. Les restrictions israéliennes sur l’entrée de carburant et de produits alimentaires ont été largement critiquées par la communauté internationale, qui appelle à un accès humanitaire « complet et durable ».
Une victoire diplomatique pour l’UNRWA
Pour l’agence onusienne, souvent prise entre pressions politiques et urgence humanitaire, cette décision constitue un soutien moral et institutionnel majeur. Elle pourrait aussi inciter certains pays donateurs à reprendre leurs contributions suspendues depuis le début des accusations israéliennes.
La Cour internationale de Justice, bras judiciaire principal de l’ONU, rappelle à travers cet avis que le droit international humanitaire prime sur les logiques sécuritaires — un message fort adressé à Israël, mais aussi à l’ensemble des acteurs impliqués dans le conflit.
