Le prix Sakharov décerné à deux journalistes emprisonnés en Biélorussie et en Géorgie

Le prix Sakharov décerné à deux journalistes emprisonnés en Biélorussie et en Géorgie

Le Parlement européen a rendu hommage, ce mercredi 22 octobre, au courage de la presse libre en attribuant le prix Sakharov pour la liberté de pensée à deux journalistes emprisonnés : Andrzej Poczobut, en Biélorussie, et Mzia Amaghlobeli, en Géorgie. L’annonce a été faite par la présidente de l’institution, Roberta Metsola, lors d’une session plénière à Strasbourg.

« Les deux sont des journalistes actuellement en prison, simplement pour avoir fait leur travail et dénoncé l’injustice », a déclaré Roberta Metsola sous les applaudissements nourris des eurodéputés.

Deux symboles de la liberté de la presse

Le Polonais Andrzej Poczobut, correspondant du quotidien Gazeta Wyborcza, est une figure emblématique de la minorité polonaise en Biélorussie. Condamné à huit ans de prison en 2023 pour « incitation à la haine » et « atteinte à la sécurité nationale », il est détenu dans des conditions qualifiées de « très dures » par les ONG de défense des droits humains.
De son côté, la Géorgienne Mzia Amaghlobeli, rédactrice en chef du média indépendant Tbilisi Voice, a été arrêtée en 2024 pour « diffusion de fausses informations » après avoir publié plusieurs enquêtes critiques sur la corruption au sein du gouvernement. Son incarcération a provoqué une onde de choc dans le milieu journalistique géorgien.

L’Europe réaffirme son soutien aux voix libres

En distinguant ces deux journalistes, le Parlement européen entend réaffirmer son engagement en faveur de la liberté d’expression et du journalisme indépendant, alors que les atteintes à la presse se multiplient dans plusieurs pays du continent.
« Le prix Sakharov rappelle que la liberté de penser et de dire la vérité reste une arme puissante contre la répression », a souligné Roberta Metsola, appelant à la libération immédiate des lauréats.

Un message politique fort

Ce choix envoie également un signal politique clair à l’égard des régimes autoritaires de Minsk et de Tbilissi, accusés de museler la presse et de restreindre les libertés fondamentales. L’Union européenne, qui a déjà imposé des sanctions contre la Biélorussie, pourrait renforcer la pression diplomatique en réponse à la détention continue d’Andrzej Poczobut.

Créé en 1988, le prix Sakharov pour la liberté de pensée est la plus haute distinction décernée par le Parlement européen à des personnalités ou organisations œuvrant pour les droits humains et la démocratie. Parmi les anciens lauréats figurent Nelson Mandela, Malala Yousafzai ou encore le peuple ukrainien en 2022.

Cette année, en récompensant deux journalistes emprisonnés pour avoir voulu informer, l’Europe rappelle que la vérité et la liberté d’expression restent les piliers indissociables de toute démocratie.

Seune Cheikh FAYE

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