Tunisie : Quarante migrants subsahariens périssent dans un nouveau drame au large de Mahdia
Un nouveau drame de la migration a endeuillé les côtes tunisiennes. Quarante migrants originaires d’Afrique subsaharienne, dont plusieurs bébés, ont perdu la vie, mercredi 22 octobre, après le naufrage de leur embarcation au large de Salakta, près de Mahdia, dans le sud-est de la Tunisie. Trente autres personnes ont pu être secourues, selon une source judiciaire citée par l’Agence France-Presse (AFP).
D’après le porte-parole du parquet de Mahdia, l’embarcation, « une barque en fer de fortune », transportait environ soixante-dix migrants lorsqu’elle a chaviré peu après son départ des côtes tunisiennes. Les opérations de sauvetage, menées par les garde-côtes tunisiens, se sont poursuivies tard dans la journée, alors que les recherches des corps manquants continuaient en mer.
Une route migratoire de plus en plus meurtrière
Ce naufrage s’ajoute à la longue liste des drames humains qui se déroulent régulièrement sur la route maritime reliant la Tunisie à l’Europe, principalement vers l’île italienne de Lampedusa, distante d’à peine 150 kilomètres. Les départs clandestins se sont intensifiés ces dernières années, la Tunisie étant devenue, après la Libye, l’un des principaux points de transit des migrants subsahariens tentant de gagner l’Union européenne.
Selon les organisations humanitaires, la dégradation des conditions économiques en Tunisie, conjuguée à un climat social tendu et à la stigmatisation croissante des migrants africains, pousse de plus en plus d’entre eux à prendre la mer au péril de leur vie.
Les autorités tunisiennes face à la pression internationale
Tunis, de son côté, tente d’équilibrer une politique migratoire complexe, sous la pression de l’Union européenne qui multiplie les accords et les aides financières pour freiner les départs. En juillet 2023, un partenariat migratoire avait été signé entre Bruxelles et Tunis, prévoyant notamment un soutien financier et logistique pour renforcer le contrôle des frontières maritimes.
Mais malgré ces initiatives, les ONG dénoncent des conditions de vie déplorables pour les migrants en transit en Tunisie, ainsi que des pratiques de refoulement vers le désert ou vers la mer.
Alors que les rescapés du naufrage de Mahdia ont été transportés dans des hôpitaux de la région pour y recevoir des soins, le drame relance une fois encore le débat sur la responsabilité partagée entre les pays d’origine, de transit et d’accueil face à une tragédie humaine devenue quasi quotidienne en Méditerranée centrale.
« Chaque naufrage est un rappel brutal de l’échec collectif de nos politiques migratoires », a déclaré un membre du Croissant-Rouge tunisien, intervenu sur les lieux du drame.
Un énième cri d’alarme venu des eaux tunisiennes, où l’espoir d’une vie meilleure se transforme trop souvent en cimetière marin.
