Bamako : un Salon de l’entrepreneuriat stratégique au cœur des défis économiques et géopolitiques du Sahel

Bamako : un Salon de l’entrepreneuriat stratégique au cœur des défis économiques et géopolitiques du Sahel

Le Mali accueille du 18 au 21 novembre le premier Salon international de l’entrepreneuriat de l’Alliance des États du Sahel (AES), une initiative inédite pour le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Au-delà d’un simple rendez-vous économique, l’événement prend une dimension stratégique dans une région confrontée simultanément à une crise économique profonde, à des mutations géopolitiques rapides et à une recomposition de ses partenariats internationaux.

Organisé sur l’esplanade du Stade du 26-Mars, le salon ambitionne de mobiliser près de cinq mille participants autour de l’auto-emploi, de la formation professionnelle et de la création de valeur locale. Panels thématiques, ateliers techniques et exposition de projets mettent en lumière un message central : dans un contexte d’instabilité, l’entrepreneuriat devient un outil d’intégration, de résilience et de souveraineté économique.

Les trois pays de l’AES, durement touchés par la baisse des investissements extérieurs, les perturbations sécuritaires et l’isolement diplomatique, cherchent à renforcer leur autonomie productive. La majorité de la population active évolue dans l’informel, et jusqu’à un quart des jeunes Maliens ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation, selon la Banque mondiale. Le manque de qualifications professionnelles freine l’accès à des activités plus productives, accentuant la pression sociale dans une région où la démographie progresse rapidement.

Dans ce contexte, l’organisation du salon revêt un enjeu important : créer un espace régional dédié aux solutions locales et à l’innovation, capable d’attirer investisseurs, bailleurs, incubateurs et institutions financières malgré la volatilité politique. En valorisant des initiatives dans l’agro-transformation, le numérique, l’artisanat ou les services, le salon cherche à renforcer l’intégration économique de l’AES et à consolider une dynamique entrepreneuriale moins dépendante de l’extérieur.

Pour Bamako, ce premier rendez-vous marque également une volonté de repositionner la région sur la scène économique africaine et de structurer un écosystème entrepreneurial capable de soutenir la création d’emplois, l’autonomie des territoires et la stabilité sociale. Un objectif qui fait de ce salon un levier stratégique au cœur de la transformation économique du Sahel.

Nicolas Orozco GALEAN

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