Centrafrique : un budget 2026 de 368,43 milliards FCFA pour relancer l’économie
La République centrafricaine a présenté, le 17 novembre, son projet de loi de finances 2026, arrêté à 368,43 milliards FCFA. Légèrement en hausse par rapport à l’exercice précédent, ce budget témoigne d’une volonté de concilier consolidation macroéconomique, investissements publics et préparation du cycle électoral de 2026, dans un contexte où les marges de manœuvre restent limitées.
Les recettes, estimées à 185 milliards FCFA, reposeront majoritairement sur la fiscalité intérieure et les douanes, soutenues par une contribution extérieure appelée à jouer un rôle déterminant pour absorber les contraintes de trésorerie. Les dépenses, fixées à 396,35 milliards FCFA, donneront la priorité aux secteurs sociaux, aux infrastructures essentielles et à l’organisation des prochaines élections. Cette orientation génère un déficit prévisionnel de 11,97 milliards FCFA, que l’exécutif entend combler par une combinaison d’appuis budgétaires, de financements concessionnels et d’efforts d’optimisation fiscale.
Malgré un environnement économique fragile, la croissance du PIB devrait atteindre 3,5 % en 2026, soutenue par une reprise progressive du commerce, de l’agriculture et de l’activité entrepreneuriale. L’inflation, stabilisée à 3,6 %, constitue un signal encourageant pour les investisseurs et les partenaires techniques, dans un pays encore marqué par la volatilité des prix et la dépendance aux importations.
La dette publique, évaluée à 58,7 % du PIB, demeure un point de vigilance, mais le gouvernement maintient son objectif ambitieux de ramener ce ratio à 40 % d’ici 2030. Cette trajectoire s’appuie sur une meilleure discipline budgétaire, une mobilisation accrue des recettes internes et une stratégie de financement axée sur des emprunts moins coûteux.
Pour Bangui, ce budget représente un test de crédibilité : renforcer la stabilité macroéconomique tout en finançant des priorités nationales structurantes. Il marque également une ouverture aux investisseurs, aux institutions financières et aux acteurs de développement, appelés à accompagner une économie en quête de résilience et de transformation.
