États-Unis : Donald Trump place Washington sous contrôle fédéral et déploie la Garde nationale
Le président américain Donald Trump a annoncé lundi avoir placé le maintien de l’ordre dans la capitale fédérale sous contrôle direct de son administration, ordonnant dans le même temps le déploiement de militaires de la Garde nationale. Une mesure exceptionnelle, justifiée selon lui par la nécessité de « nettoyer » une ville « envahie par des gangs violents » et gangrenée par « l’anarchie ».
Une décision justifiée par la sécurité… malgré des chiffres en baisse
Alors que les données officielles montrent que la criminalité violente à Washington a atteint en 2024 son plus bas niveau depuis plus de 30 ans, Donald Trump affirme agir pour rétablir l’ordre.
« Nous allons nous débarrasser des bidonvilles et restaurer la sécurité », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, promettant que l’initiative s’étendrait bientôt à d’autres villes comme Chicago et New York.
Selon le ministère du Logement, Washington comptait en 2024 près de 5 600 sans-abris, se classant au 15ᵉ rang des grandes villes américaines les plus touchées par ce phénomène. La veille, Trump avait sommé ces derniers de quitter la ville dans une publication sur sa plateforme Truth Social.
Un bras de fer politique
La maire démocrate de Washington, Muriel Bowser, a dénoncé des mesures « troublantes et sans précédent », accusant le président républicain de saper l’autonomie de la ville.
Le chef de la minorité démocrate à la Chambre des représentants, Hakeem Jeffries, a quant à lui estimé que cette décision n’avait « aucun fondement légal » et relevait d’une dérive autoritaire.
Washington bénéficie d’un statut particulier aux États-Unis : non rattachée à un État fédéré, la ville est soumise à l’autorité du Congrès, tout en disposant d’un conseil municipal élu depuis 1973. Donald Trump souhaite aujourd’hui revenir sur cette loi, réduisant encore davantage l’autonomie locale.
Un dispositif militaire renforcé
Dans un premier temps, 800 militaires de la Garde nationale seront déployés dans la capitale. Trump a précisé que, si nécessaire, des soldats d’active pourraient également rejoindre le dispositif, aux côtés des centaines d’agents fédéraux déjà présents, dont des membres du FBI.
Cette mesure intervient après un précédent en Californie, où Trump avait déjà mobilisé la Garde nationale et même des Marines pour rétablir l’ordre à Los Angeles contre l’avis du gouverneur démocrate.
Des réactions hostiles dans la rue
Devant la Maison Blanche, des dizaines de manifestants se sont rassemblés pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme « un spectacle politique ».
« Il n’y a absolument pas besoin de la Garde nationale ici », a affirmé Elizabeth Critchley, 62 ans, retraitée, pointant une opération de communication plus qu’une nécessité sécuritaire.
Muriel Bowser a rappelé que « toute comparaison avec un pays ravagé par la guerre est exagérée et erronée », répondant ainsi à Stephen Miller, proche conseiller de Trump, qui avait affirmé que Washington était « plus violente que Bagdad ».
Avec cette prise de contrôle, Donald Trump signe l’une des interventions fédérales les plus marquantes dans la capitale depuis des décennies, accentuant un bras de fer politique déjà tendu entre son administration et les autorités locales.
