Plus de 200 journalistes tués à Gaza : RSF exige une réaction internationale et la suspension du partenariat UE–Israël
La bande de Gaza a une nouvelle fois été endeuillée par une frappe israélienne qui a coûté la vie à six professionnels des médias. Parmi eux, cinq travaillaient ou avaient travaillé pour la chaîne qatarienne Al Jazeera. L’armée israélienne affirme avoir visé le célèbre reporter Anas al-Sharif, l’accusant d’« appartenance terroriste », mais sans fournir de preuves tangibles.
Reporters sans frontières (RSF) dénonce une « technique indigne », utilisée de manière répétée contre les journalistes, pour justifier des frappes ciblées. L’organisation rappelle que plus de 200 journalistes ont été tués depuis le début de la guerre et appelle à une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, sur la base de la résolution 2222 de 2015 relative à la protection des journalistes en zone de conflit.
Une frappe ciblée au cœur de Gaza
L’attaque de ce 10 août s’est produite près de l’hôpital al-Shifa. Elle a tué Anas al-Sharif, Mohammed Qraiqea, Ibrahim al-Thaher, Mohamed Nofal, Moamen Aliwa et Mohammed al-Khaldi. Trois autres reporters indépendants – Mohammed Sobh, Mohammed Qita et Ahmed al-Harazine – ont été blessés.
Selon RSF, cette opération reproduit un schéma déjà observé : dénigrement public des journalistes, accusations de liens avec des groupes armés, puis frappe ciblée. En juillet dernier, les reporters Ismail al-Ghoul et Rami al-Rifi avaient été tués dans des conditions similaires.
Un appel à rompre les liens commerciaux
Au-delà de la dénonciation, RSF rejoint l’appel d’ONG et de parlementaires européens à suspendre l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, estimant que la poursuite des relations commerciales envoie « un signal d’impunité » malgré des violations graves du droit international.
Silence des puissances occidentales
RSF rappelle avoir alerté dès octobre 2024 sur le risque imminent pesant sur Anas al-Sharif, sans obtenir de réaction concrète de l’UE, du Royaume-Uni ou des États-Unis. L’organisation a déjà saisi la Cour pénale internationale à quatre reprises depuis octobre 2023 pour demander l’ouverture d’enquêtes sur des crimes de guerre présumés contre des journalistes à Gaza.
Pour Thibaut Bruttin, directeur général de RSF, « la communauté internationale ne peut plus fermer les yeux. Il faut stopper ce massacre et mettre fin à la stratégie de blackout médiatique d’Israël ».
