Nigeria : les projets routiers de moins de 13 millions $ réservés aux entreprises locales

Nigeria : les projets routiers de moins de 13 millions $ réservés aux entreprises locales

Le gouvernement nigérian a décidé de réserver aux entreprises locales l’exécution des projets routiers dont le coût est inférieur à 20 milliards de nairas, soit environ 13,2 millions de dollars. Ces chantiers, financés par la Nigerian National Petroleum Company Limited (NNPC Ltd), seront désormais un levier stratégique pour soutenir l’économie nationale.

Stimuler l’emploi et réduire la dépendance extérieure

Pour le ministère des Travaux publics, l’objectif est clair : renforcer les capacités du secteur privé nigérian, créer des emplois et limiter la fuite de devises. Jusqu’ici, une grande partie des contrats publics étaient confiés à des entreprises étrangères, avec pour conséquence une faible valorisation du savoir-faire local.

« Il s’agit d’offrir davantage d’opportunités aux acteurs nationaux, afin qu’ils puissent développer leurs compétences tout en contribuant au développement des infrastructures », a déclaré un responsable du ministère.

Un prolongement de l’initiative Buhari

Cette mesure s’inscrit dans la continuité d’un mécanisme initié sous l’administration Buhari, qui permettait à la NNPCL de préfinancer des projets routiers contre des crédits d’impôt. D’après la presse locale, ces engagements représentent près de 3 000 milliards de nairas. L’administration actuelle a choisi de poursuivre ce dispositif, en y intégrant un nouvel impératif : la priorité aux entreprises locales.

Un coup d’accélérateur pour le BTP nigérian

Pour de nombreux analystes, cette politique pourrait transformer le paysage du bâtiment et des travaux publics (BTP) au Nigeria. Elle devrait permettre aux sociétés locales de participer à davantage de projets d’envergure, de renforcer leur expertise technique et d’améliorer leur compétitivité.

« Le pays a une opportunité unique de bâtir un véritable écosystème d’entreprises capables de rivaliser à l’échelle internationale », souligne un économiste.

Transparence, condition clé du succès

Cependant, plusieurs observateurs préviennent : la réussite de cette initiative dépendra de la capacité du gouvernement à garantir des procédures transparentes et équitables dans l’attribution des contrats. Les risques de favoritisme ou de clientélisme demeurent une inquiétude majeure.

En misant sur les compétences locales pour ses projets routiers de taille moyenne, Abuja espère non seulement dynamiser son économie mais aussi poser les fondations d’un secteur de la construction plus autonome et compétitif.

Babacar DIOP

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