Sommet africain sur le climat : 150 milliards de dollars pour l’agenda vert de l’Afrique
Du 8 au 10 septembre 2025, le deuxième Sommet africain sur le climat (ACS2) s’est tenu à Addis-Abeba, marquant un tournant décisif dans l’engagement du continent face aux enjeux climatiques. Le sommet s’est conclu sur des annonces financières inédites et la volonté affichée de faire de l’Afrique un acteur majeur et autonome dans la lutte contre le changement climatique. Avec 150 milliards de dollars d’engagements et le lancement d’initiatives structurantes, le continent entend désormais être force de proposition sur la scène internationale.
Une mobilisation financière sans précédent
Le sommet a permis de mobiliser 50 milliards de dollars via le Pacte africain pour l’innovation climatique (ACIC) et le Fonds africain pour le climat (ACF), auxquels s’ajoutent 100 milliards d’engagements d’institutions financières africaines et de développement.
Ces financements sont destinés à soutenir des projets concrets de transition énergétique, d’adaptation au changement climatique et de préservation de la biodiversité. Pour les dirigeants africains, il s’agit d’un signal fort de l’autonomie africaine, plaçant le continent au cœur de ses propres stratégies environnementales.
Des solutions basées sur la nature, un avantage stratégique
Le sommet a particulièrement mis l’accent sur les solutions fondées sur la nature, considérées comme un atout comparatif pour l’Afrique. Des initiatives emblématiques comme la Grande muraille verte ou le programme Héritage vert en Éthiopie démontrent comment le continent peut concilier protection climatique, biodiversité et développement local.
Ces projets sont également perçus comme des leviers de développement durable, favorisant la création d’emplois et le renforcement de la résilience des écosystèmes face aux crises environnementales croissantes.
Le Pacte africain pour l’innovation climatique : un levier diplomatique pour la COP30
Lancé à Addis-Abeba, le Pacte africain pour l’innovation climatique ambitionne de développer 1 000 solutions africaines d’ici 2030. Les experts estiment que ce pacte offre à l’Afrique un outil diplomatique stratégique, renforçant sa position collective pour la COP30 au Brésil sur les questions de financement, de transfert de technologies et de justice climatique.
La Déclaration d’Addis-Abeba fixe les priorités africaines pour la COP30 : un financement climatique de qualité, aligné sur les capacités financières des pays et respectueux des principes d’équité et de responsabilités différenciées.
L’urgence de passer de la parole aux actes
Si la stratégie africaine est saluée pour son ambition, le véritable défi réside désormais dans la mise en œuvre effective des projets. Les experts soulignent que poser les bases est un premier pas, mais que la crédibilité du continent dépendra de sa capacité à transformer ces engagements en résultats tangibles.
Pour les dirigeants africains, le message est clair : l’Afrique ne sera plus simplement bénéficiaire d’aide internationale, mais actrice de ses propres solutions climatiques, prête à défendre ses intérêts et à peser sur les négociations internationales.
Un tournant stratégique pour le continent
Le ACS2 constitue une étape historique dans la stratégie africaine face aux changements climatiques. Avec 150 milliards de dollars engagés, des initiatives concrètes et une diplomatie climatique unifiée, l’Afrique se positionne comme partenaire incontournable et innovant, capable de transformer ses atouts naturels et humains en solutions durables pour le continent et pour la planète.
