Élections au Malawi : le parti au pouvoir promet de respecter les résultats malgré des inquiétudes
Le Parti du Congrès du Malawi (MCP), au pouvoir, a annoncé dimanche qu’il accepterait les résultats des élections générales du 16 septembre, tout en appelant les autorités électorales à répondre aux inquiétudes concernant des irrégularités présumées dans le décompte des voix.
Lors d’une conférence de presse à Lilongwe, le candidat du MCP à la vice-présidence, Vitumbiko Mumba, a réaffirmé la confiance de son parti dans la Commission électorale du Malawi (MEC). « La capacité de déclarer le vainqueur légitime est entre les mains de la MEC et nous faisons confiance à la commission pour garantir la transparence et l’équité », a-t-il déclaré.
Le MCP a toutefois indiqué avoir saisi officiellement la MEC au sujet de certaines anomalies et attend que ces préoccupations soient traitées « conformément à la loi ». M. Mumba a averti que tout cas avéré de fraude électorale serait « traité avec sérieux » et que des sanctions seraient exigées contre les responsables.
Un scrutin très disputé
Les élections générales ont mobilisé les Malawites pour élire leur président, leurs députés et leurs conseillers locaux. Les résultats provisoires publiés par la MEC jusqu’à dimanche donnent l’ancien président Peter Mutharika, du Parti démocratique progressiste (DPP), en tête devant le président sortant Lazarus Chakwera, candidat du MCP.
Le scrutin s’est essentiellement joué entre ces deux figures politiques : Mutharika, 85 ans, qui a dirigé le pays de 2014 à 2020 avec une campagne axée sur la relance économique et les infrastructures, et Chakwera, 70 ans, arrivé au pouvoir en 2020 après l’annulation du scrutin de 2019 pour fraude. Son mandat a été marqué par des difficultés économiques persistantes et des accusations de corruption.
Attente des résultats officiels
La MEC a jusqu’au 24 septembre pour proclamer les résultats provisoires complets. Elle a averti les candidats contre toute déclaration de victoire prématurée et assuré que tous les procès-verbaux de dépouillement sont en cours de vérification afin de garantir leur exactitude. Selon la loi électorale, un candidat doit obtenir plus de 50 % des suffrages valides pour éviter un second tour.
Le directeur des élections du DPP, Jean Mathanga, a également salué la conduite du scrutin par la MEC, estimant que « le résultat final reflétera le choix du peuple malawite ».
Un test pour la démocratie
Ces élections de 2025 constituent une étape cruciale pour la démocratie malawite. Elles interviennent cinq ans après le scrutin historique de 2020, organisé sur décision de la justice après l’invalidation de l’élection présidentielle de 2019, entachée d’irrégularités massives.
Entre confiance affichée et soupçons d’anomalies, le climat reste tendu au Malawi, où l’annonce des résultats définitifs est attendue avec une attention particulière, tant par les électeurs que par la communauté internationale.
