Alliance explosive : le Pakistan offre sa bombe atomique à l’Arabie saoudite
Riyad/Islamabad – C’est un tournant majeur dans l’équilibre géopolitique du Moyen-Orient et de l’Asie du Sud. Lors de la visite du Premier ministre pakistanais à Riyad la semaine dernière, l’Arabie saoudite et le Pakistan ont signé un accord de défense mutuelle. Concrètement, chaque pays s’engage à défendre l’autre en cas d’agression. Pour la première fois, le royaume wahhabite bénéficie ainsi du parapluie nucléaire pakistanais.
Un conseiller du prince héritier Mohammed ben Salman a confirmé à l’AFP que cet accord implique bien que le Pakistan mettra à disposition de Riyad son arsenal nucléaire en cas de menace existentielle. Le ministre pakistanais de la Défense avait déjà laissé entendre une telle orientation il y a quelques jours, mais cette officialisation en modifie profondément la portée.
Islamabad s’affirme comme puissance régionale
Pour le Pakistan, c’est une consécration : son arsenal atomique, développé dans les années 1970 et longtemps perçu comme une arme de dissuasion face à l’Inde, devient désormais un outil diplomatique majeur. Islamabad se positionne ainsi comme un acteur incontournable de la sécurité du Golfe et renforce son statut de poids lourd régional.
Riyad cherche une sécurité « hors Washington »
Pour l’Arabie saoudite, cet accord illustre une volonté claire : diversifier ses garanties de sécurité. Après avoir constaté l’inaction américaine lors du bombardement du Qatar par Israël, Riyad a choisi de ne plus dépendre exclusivement de Washington. L’ombre du parapluie nucléaire pakistanais lui offre une assurance supplémentaire dans un contexte régional instable.
Un équilibre régional bousculé
Mais cette alliance soulève de nouvelles interrogations. L’Inde, troisième client du pétrole saoudien, entretient des relations tendues avec le Pakistan. Le rapprochement stratégique entre Riyad et Islamabad pourrait donc fragiliser la coopération énergétique indo-saoudienne et accentuer les lignes de fracture entre New Delhi et Islamabad.
En toile de fond, cet accord redessine les rapports de force au Moyen-Orient et en Asie du Sud. Entre méfiances indiennes, inquiétudes israéliennes et prudence américaine, la « garantie nucléaire » offerte par Islamabad à Riyad risque d’alimenter de nouvelles tensions dans une région déjà explosive.
