L’Argentine au bord du gouffre : Trump vole au secours de Milei

L’Argentine au bord du gouffre : Trump vole au secours de Milei

Washington – Buenos Aires. Le président américain Donald Trump brandit une nouvelle fois l’arme financière comme instrument de diplomatie. Lundi 22 septembre, son administration a annoncé être « prête à faire le nécessaire » pour soutenir l’économie argentine, au bord de l’asphyxie, confirmant ainsi l’alliance singulière entre deux dirigeants populistes : Trump et Javier Milei.

C’est un président argentin soulagé qui a décollé pour New York dans la soirée. Quelques heures plus tôt, le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, avait détaillé les options envisagées : lignes d’échange, achats de devises, acquisitions de dette en dollars. « L’Argentine est un allié systémique important des États-Unis en Amérique latine », a-t-il insisté, tout en saluant la volonté de Milei de rompre avec « la longue histoire de déclin » économique de son pays.

Une bouffée d’air pour Milei

Sur les marchés, le message a eu un effet immédiat : actions et obligations argentines ont terminé en hausse après une semaine de chute libre. Rattrapé par la tourmente monétaire et la dégringolade du peso, Javier Milei cherchait désespérément à restaurer la confiance des investisseurs. Confronté à des revers électoraux et législatifs, il mise désormais sur le soutien américain pour se donner de l’air à un mois des élections de mi-mandat.

L’ombre du défaut de paiement

Le spectre d’un défaut hante toujours Buenos Aires. Moins de six mois après un emprunt massif de 20 milliards de dollars au FMI, Milei espère arracher à Washington un prêt direct du Trésor américain pour couvrir ses échéances à court terme. L’enjeu est double : éviter une faillite de l’État et stabiliser une économie encore fragile malgré une inflation ramenée de 200 % à 33,6 % en un an grâce à une austérité brutale.

L’axe Trump-Milei, une alliance idéologique

Au-delà des chiffres, l’annonce illustre un rapprochement politique assumé. Trump et Milei partagent un discours anti-système, un rejet des élites internationales et une vision libérale radicale de l’économie. Leur rencontre prévue ce mardi à New York scelle une convergence stratégique : l’Argentine s’affirme comme un partenaire fidèle des États-Unis de Trump, tandis que Washington utilise le levier financier pour renforcer son influence en Amérique latine.

Dans un climat électoral tendu des deux côtés de l’équateur, ce sauvetage financier revêt autant une portée économique qu’idéologique. Pour Trump, il s’agit d’incarner l’homme fort capable de protéger les alliés de l’Amérique. Pour Milei, de prouver qu’il n’est pas isolé, et que le salut de son pays passe par une proximité assumée avec Washington.

Seune Cheikh FAYE

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