RDC : Vital Kamerhe quitte la présidence de l’Assemblée nationale sous la pression politique
Kinshasa – La République démocratique du Congo traverse une nouvelle secousse institutionnelle. Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, a annoncé ce 22 septembre 2025 sa démission, cédant à une pression grandissante de ses pairs et d’une partie de la majorité présidentielle. Les critiques pointaient une gestion jugée opaque et un éloignement des orientations du chef de l’État, Félix Tshisekedi.
Figure centrale de la scène politique congolaise, Kamerhe n’en est pas à son premier départ conflictuel. Ancien président de l’Assemblée de 2006 à 2009, il avait quitté cette fonction sur fond de tensions avec le régime de Joseph Kabila. Plus récemment, son parcours avait été marqué par une condamnation en 2020 pour détournement de fonds publics dans l’affaire des « 100 jours », avant un acquittement retentissant en 2022 qui avait relancé sa carrière. En 2024, son retour triomphal au perchoir avait symbolisé la réconciliation politique avec Tshisekedi.
Mais cette fois-ci, la donne semble différente. Dans les couloirs du Palais du peuple, des députés dénonçaient depuis plusieurs mois un « style solitaire » et un « déficit de transparence » dans la gestion parlementaire. Pour certains analystes, la rupture entre Kamerhe et une partie de la majorité traduirait aussi les tensions sous-jacentes au sein de l’alliance au pouvoir, à l’approche des élections générales de 2028.
Depuis New York, où il participe à l’Assemblée générale des Nations unies, le président Félix Tshisekedi a tenté de désamorcer la crise, affirmant continuer à considérer Kamerhe comme « un frère et un allié ». Une déclaration qui vise à maintenir l’image d’union au sein de la coalition, malgré un climat politique marqué par les rivalités internes.
Reste désormais à savoir qui prendra la succession de Kamerhe à la tête de l’Assemblée nationale. Un choix hautement stratégique dans un pays où le Parlement joue un rôle clé dans l’équilibre fragile entre institutions et majorité présidentielle.
La démission de Vital Kamerhe marque ainsi un tournant dans la vie politique congolaise, confirmant que les équilibres construits depuis l’élection de 2018 restent mouvants et que la RDC demeure traversée par des dynamiques de pouvoir aussi imprévisibles que décisives.
