Cameroun : Pendant que Biya se repose en Europe, le peuple souffre

Cameroun : Pendant que Biya se repose en Europe, le peuple souffre

Yaoundé – À quelques jours du lancement officiel de la campagne présidentielle, Paul Biya, président sortant et candidat à un 8ᵉ mandat, reste invisible au Cameroun. Le chef de l’État de 92 ans a quitté le pays pour un séjour privé en Europe, très probablement à Genève, laissant derrière lui une population confrontée à la pauvreté, le manque d’infrastructures et des urgences sociales criantes.

Une colère populaire qui gronde

Cette absence a déclenché une vague de contestation. Des Camerounais vivant en Europe, indignés par l’usage des fonds publics pour les séjours prolongés du président et de sa famille à l’étranger, prévoient une manifestation devant le siège de l’ONU à Genève. « Chaque jour, des Camerounais meurent faute d’eau, d’électricité ou d’hôpitaux. Comment peut-il se reposer tranquillement avec l’argent du peuple ? » s’indigne Diosky Moresmo, porte-parole d’un collectif d’opposants.

Une présidentielle à distance

Malgré la proximité du scrutin du 12 octobre, Biya n’a participé à aucun événement de campagne. Son parti, le RDPC, prévoit un meeting à Maroua, mais sa présence personnelle reste incertaine. L’opposition, elle, reste divisée, incapable de présenter un front uni contre le président le plus âgé au monde.

Famille et controverses médiatiques

Le séjour européen de Biya survient également dans un climat familial tendu. Quelques jours avant son départ, sa fille Brenda Biya a publié une vidéo sur TikTok invitant les Camerounais à ne pas voter pour son père, avant de revenir sur ses propos. Ces épisodes, combinés à des condamnations pour diffamation en Suisse, alimentent la perception d’une famille présidentielle éloignée des réalités du pays.

Un contraste saisissant

Depuis 1982, Paul Biya a passé de longues périodes à l’étranger, notamment à Genève. Selon des enquêtes, ces séjours auraient coûté des dizaines de millions de dollars au contribuable, tandis qu’un quart de la population vit sous le seuil de pauvreté. Pour beaucoup, ce contraste entre le confort du président et la misère du peuple symbolise l’éloignement des élites du quotidien des Camerounais.

Une campagne sous tension

Le scrutin du 12 octobre se prépare dans un climat de frustration et de scepticisme. Entre absences prolongées, divisions de l’opposition et crises sociales, la présidentielle se joue dans un contexte où l’image du président semble de plus en plus décorrélée de la réalité vécue par ses concitoyens.

Seune Cheikh FAYE

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