Chine : l’ancien ministre de l’Agriculture condamné à mort pour corruption
Pékin, 29 septembre – La chute est brutale. Tang Renjian, ancien ministre chinois de l’Agriculture (2020-2024), a été condamné dimanche à la peine de mort avec un sursis de deux ans, pour avoir accepté plus de 268 millions de yuans (soit 32 millions d’euros) de pots-de-vin sur une période de près de deux décennies.
Le verdict a été rendu par le tribunal populaire de Changchun, dans la province du Jilin (nord-est). Selon le communiqué officiel, Tang aurait perçu des pots-de-vin « en espèces et en biens » entre 2007 et 2024, causant des « pertes particulièrement graves aux intérêts de l’État et du peuple ».
Un haut fonctionnaire au cœur du système
Avant d’accéder au rang de ministre, Tang Renjian avait occupé plusieurs postes stratégiques : gouverneur du Gansu, vice-président de la région autonome du Guangxi, puis ministre de l’Agriculture et des Affaires rurales, où il supervisait un secteur vital pour l’autosuffisance alimentaire du pays.
Sa condamnation marque la fin d’une carrière politique marquée par des promotions régulières mais désormais ternie par des affaires de corruption massives.
Une campagne anticorruption sans relâche
Cette décision s’inscrit dans la vaste campagne anticorruption lancée par le président Xi Jinping depuis son arrivée au pouvoir en 2012. Officiellement, l’objectif est de restaurer la confiance de la population dans le Parti communiste chinois (PCC). Mais de nombreux analystes estiment que cette lutte sert aussi à éliminer des rivaux politiques et à renforcer l’autorité personnelle du président.
Tang Renjian n’est pas une exception. Avant lui, deux anciens ministres de la Défense, Li Shangfu et Wei Fenghe, avaient déjà été écartés et visés par des enquêtes pour faits similaires.
Un signal politique fort
En Chine, la condamnation à mort avec sursis est une pratique courante pour les hauts responsables corrompus : la peine peut être commuée en prison à perpétuité si le condamné « fait preuve de bonne conduite ». Mais dans le cas de Tang, la sévérité de la sentence envoie un avertissement clair aux cadres du PCC : la corruption, surtout à haut niveau, ne sera tolérée sous aucune forme.
Cette nouvelle affaire illustre à quel point la campagne anticorruption est devenue l’un des instruments les plus puissants du régime, touchant de plus en plus de figures de premier plan.
