La Russie se retire officiellement d’une convention européenne contre la torture
Moscou, 29 septembre 2025 – La Russie poursuit son isolement des institutions européennes. Le président Vladimir Poutine a signé, ce lundi, une loi retirant officiellement son pays de la Convention européenne pour la prévention de la torture, un mécanisme de contrôle instauré par le Conseil de l’Europe pour surveiller les conditions de détention et prévenir les traitements inhumains.
Un pas supplémentaire dans la rupture avec l’Europe
Le texte, déjà approuvé par les deux chambres du Parlement russe, acte une décision symbolique mais lourde de conséquences : Moscou tourne le dos à l’un des principaux instruments européens de protection des droits humains. Cette convention permettait à des experts indépendants de visiter sans préavis les lieux de privation de liberté – prisons, centres de détention ou hôpitaux psychiatriques – afin de dénoncer d’éventuels abus.
Depuis son exclusion du Conseil de l’Europe en 2022, après l’invasion de l’Ukraine, la Russie affirmait que ce mécanisme n’avait plus de légitimité. Les députés russes avaient dénoncé ce qu’ils considéraient comme une « discrimination » de la part de Strasbourg.
Droits humains en question
Pour les ONG, ce retrait représente une régression majeure dans la protection des prisonniers et des opposants politiques en Russie, déjà dénoncée pour ses conditions de détention jugées brutales. « C’est un signal inquiétant : la Russie s’affranchit de toute surveillance extérieure », réagit un responsable d’Amnesty International.
Une logique d’isolement assumée
Depuis 2022, Moscou a multiplié les ruptures avec les structures européennes, préférant renforcer ses alliances avec la Chine, l’Iran et d’autres pays du Sud global. Ce retrait de la Convention européenne contre la torture s’inscrit dans une logique assumée par le Kremlin : rompre définitivement avec l’architecture normative européenne.
