Jane Goodall, la voix des chimpanzés et de la planète, s’est éteinte à 91 ans

Jane Goodall, la voix des chimpanzés et de la planète, s’est éteinte à 91 ans

Californie, 1er octobre 2025 – Le monde vient de perdre l’une de ses plus grandes figures de la science et de la défense du vivant. Jane Goodall, primatologue, anthropologue et pionnière dans l’étude des chimpanzés, est décédée à l’âge de 91 ans « de causes naturelles », a annoncé mercredi son institut. Elle se trouvait en Californie dans le cadre d’une tournée de conférences, fidèle à son engagement jusqu’à son dernier souffle.

Une révolution scientifique née dans la jungle

Rien ne destinait la jeune Anglaise passionnée d’animaux à bouleverser la science. Mais sa rencontre en 1957 avec Louis Leakey au Kenya changea tout. Deux ans plus tard, jumelles à la main, elle s’installait dans le parc de Gombe, en Tanzanie, pour observer les chimpanzés.

En 1960, sa patience fut récompensée par une découverte qui fit l’effet d’un séisme : un chimpanzé utilisant un outil pour extraire des termites. Jusque-là, seuls les humains étaient crédités de cette capacité. Cette révélation força la communauté scientifique à redéfinir les frontières entre l’homme et l’animal.

Ses méthodes, jugées iconoclastes – donner des prénoms aux chimpanzés, étudier leur vie sociale comme une famille – lui valurent critiques et admiration. À Cambridge, où elle obtint son doctorat, elle confirma que ces animaux étaient omnivores, capables de guerre et de coopération, dotés d’un langage riche de dizaines de sons.

Une icône mondiale de la nature et de l’espoir

De la jungle, Jane Goodall est passée à la scène internationale. Avec la création du Jane Goodall Institute en 1977, présent aujourd’hui dans une centaine de pays, elle a transformé sa passion en un mouvement mondial. L’organisation mène des recherches, protège la faune et soutient les communautés locales, notamment en Afrique, avec des programmes d’éducation et de microcrédits.

Ses discours, souvent ponctués d’imitations de cris de chimpanzés, étaient des appels vibrants à la mobilisation. « Chaque individu compte, chaque individu a un rôle à jouer », répétait-elle aux jeunes générations.

Icône intergénérationnelle, militante infatigable, elle a inspiré des millions d’activistes pour le climat et la biodiversité, devenant « messagère de la paix » des Nations unies et recevant des dizaines de distinctions internationales.

Une disparition symbolique

La mort de Jane Goodall résonne bien au-delà du monde scientifique. Elle incarne la perte d’une conscience universelle, d’une femme qui a rappelé inlassablement que l’humanité n’est pas séparée du reste du vivant mais partie intégrante d’une tapisserie fragile où chaque fil compte.

À l’heure où la planète subit la sixième extinction de masse, sa voix s’éteint, mais son héritage résonne plus que jamais : un appel pressant à protéger ce qui reste de la biodiversité.

Jane Goodall n’est plus, mais dans chaque cri de chimpanzé, dans chaque geste d’un militant pour le climat, dans chaque enfant qui rêve de sauver les animaux, son souffle demeure.

Seune Cheikh FAYE

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