Syrie : première rencontre entre le président par intérim Ahmed al-Charaa et le chef kurde Mazloum Abdi depuis juillet
Un pas diplomatique majeur vient d’être franchi à Damas. Ce mardi 7 octobre, le président syrien par intérim Ahmed al-Charaa a rencontré le chef kurde Mazloum Abdi, commandant en chef des Forces démocratiques syriennes (FDS), en présence d’émissaires américains. C’est la première entrevue entre les deux hommes depuis juillet, sur fond de tensions persistantes dans le nord du pays.
Selon une source gouvernementale, la réunion s’est tenue au palais présidentiel de Damas, quelques heures seulement après de violents affrontements nocturnes à Alep, qui ont opposé des milices prorégime à des combattants kurdes.
D’après une source proche des participants, l’amiral Brad Cooper, commandant du Centcom (Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient), ainsi que l’émissaire spécial américain Tom Barrack, ont assisté aux discussions. Leur présence traduit l’intérêt constant de Washington à préserver un équilibre fragile entre les forces kurdes et le régime de Damas, tout en maintenant la pression sur les groupes soutenus par l’Iran.
Les échanges ont principalement porté sur l’application de l’accord signé en mars dernier, prévoyant l’intégration progressive des institutions kurdes dans le giron de l’État syrien. Mais cette intégration, censée symboliser une réconciliation nationale, piétine depuis plusieurs mois, en raison de désaccords persistants sur le contrôle des ressources pétrolières et la gestion administrative des territoires du nord-est.
Cette rencontre pourrait marquer une nouvelle tentative de rapprochement entre Damas et les Kurdes, alors que la Syrie reste morcelée après plus d’une décennie de guerre. Pour Ahmed al-Charaa, nommé président par intérim après la transition politique entamée cet été, l’objectif est de rétablir l’unité territoriale et de rallier les forces locales à un processus de stabilisation.
De son côté, Mazloum Abdi se veut prudent : les Kurdes réclament toujours des garanties d’autonomie politique et sécuritaire, ainsi qu’une reconnaissance officielle de leurs structures administratives.
En toile de fond, les États-Unis cherchent à éviter une escalade qui profiterait aux forces russes et iraniennes encore présentes sur le territoire syrien. Le dialogue de Damas de ce mardi pourrait donc ouvrir une fenêtre d’opportunité fragile mais décisive pour la Syrie, à condition que les promesses se traduisent enfin en actes concrets.
