Corée du Sud : « Du temps pour faire zizi panpan », la formule choc du président Lee Jae-myung pour relancer la natalité

Corée du Sud : « Du temps pour faire zizi panpan », la formule choc du président Lee Jae-myung pour relancer la natalité

Séoul, 9 octobre 2025 — « Du temps pour faire zizi panpan » : c’est avec cette expression pour le moins inattendue que le président sud-coréen Lee Jae-myung a résumé sa nouvelle stratégie pour faire face à la crise démographique qui frappe son pays. Avec un taux de natalité de 0,75 enfant par femme, la Corée du Sud détient le triste record mondial du plus faible niveau de fécondité, un déséquilibre que le chef de l’État entend combattre par une réforme audacieuse du temps de travail.

Moins de travail, plus de vie privée

En moyenne, chaque Sud-Coréen travaille 1 874 heures par an, soit environ 130 heures de plus que dans la plupart des pays occidentaux. Officiellement fixée à 40 heures, la semaine de travail peut atteindre 52 heures avec les heures supplémentaires.
Ce rythme effréné, combiné à la pression professionnelle et au coût de la vie, laisse peu de place à la vie personnelle — et encore moins à la vie de famille.

Pour inverser la tendance, le président Lee propose une réduction progressive du temps de travail, avec un passage de cinq jours à quatre jours et demi par semaine. D’ici 2030, la durée hebdomadaire devrait tomber à 36 heures, une révolution dans un pays où la productivité a longtemps été synonyme de patriotisme économique.

Un plan de séduction politique et social

Derrière cette mesure au ton léger mais au fond sérieux, le gouvernement espère redonner aux couples « du temps pour aimer, pour vivre et pour faire des enfants », selon les mots de Lee Jae-myung.
Pour convaincre les entreprises, l’État prévoit des subventions et des allègements fiscaux, afin de compenser la réduction du temps de travail et de soutenir la transition.

Les syndicats saluent une initiative « courageuse et nécessaire », estimant qu’elle pourrait contribuer à rééquilibrer la vie professionnelle et familiale, tout en stimulant la demande intérieure. En revanche, le secteur économique reste plus réservé : certains chefs d’entreprise redoutent une baisse de la productivité dans un contexte de ralentissement économique.

Une natalité au plus bas, une économie sous tension

La Corée du Sud voit sa population active fondre à vue d’œil. En 2024, le nombre de naissances a chuté à moins de 230 000, tandis que les décès ont dépassé les 400 000, accentuant le vieillissement de la population.
Les politiques natalistes précédentes — primes à la naissance, aides au logement, gratuité des crèches — n’ont pas suffi à inverser la tendance.

Cette fois, le président Lee veut frapper fort, misant sur une révolution culturelle du travail. « La natalité ne se décrète pas. Elle se prépare, en donnant aux gens le temps de vivre », a-t-il déclaré dans un discours à Séoul, provoquant autant de sourires que de débats.

Entre humour et audace politique, la Corée du Sud s’engage donc dans une expérience unique : celle de redonner aux citoyens le temps d’aimer, de respirer… et peut-être de repeupler le pays.

Seune Cheikh FAYE

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