Le gouverneur de la Banque de France dénonce le « gâchis politique » et appelle à un sursaut de responsabilité
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, est sorti de sa réserve habituelle, vendredi 10 octobre, pour exprimer son exaspération face à la crise politique qui paralyse la France depuis la dissolution de l’Assemblée nationale. Invité de RTL, le haut responsable a déclaré en avoir « assez du gâchis politique » et exhorté les responsables politiques à « faire des compromis » afin de restaurer la stabilité du pays.
« Je suis comme tous les Français, j’aime notre pays et j’en ai vraiment assez de ce gâchis politique », a lancé François Villeroy de Galhau d’un ton inhabituellement direct. « Il est temps de passer des compromis — ce n’est pas un mot injurieux — et de faire des coalitions », a-t-il poursuivi, selon des propos rapportés par l’AFP.
Un appel au sens des responsabilités
Le message du gouverneur s’adresse clairement à la classe politique française, toujours incapable, plusieurs mois après les élections législatives anticipées, de constituer une majorité stable. Cette situation bloque plusieurs décisions budgétaires cruciales alors que la France est confrontée à un ralentissement économique, une dette publique élevée et des tensions sociales persistantes.
François Villeroy de Galhau, connu pour sa prudence institutionnelle, sort ici de son rôle strictement technocratique pour endosser celui d’un observateur inquiet. Sans viser directement un camp politique, il souligne la nécessité d’un dialogue et d’un compromis entre les forces en présence — une tradition politique qu’il estime avoir été « oubliée ».
L’économie en toile de fond
Le gouverneur a également laissé entendre que cette instabilité politique pourrait peser sur la confiance des investisseurs et compliquer les efforts de maîtrise de l’inflation. Alors que la Banque de France tente de maintenir la stabilité financière dans un contexte international tendu, la paralysie politique représente, selon lui, un risque supplémentaire pour la crédibilité économique du pays.
Une parole rare mais symbolique
La prise de position de François Villeroy de Galhau est d’autant plus remarquable qu’elle émane d’un haut fonctionnaire d’une institution indépendante. En choisissant de s’exprimer publiquement, il traduit une inquiétude partagée par de nombreux acteurs économiques face à un climat politique devenu, selon ses mots, « improductif et dangereux pour l’avenir du pays ».
En conclusion, le gouverneur de la Banque de France lance un avertissement : sans compromis ni coalition, la France risque de s’enliser dans un blocage institutionnel préjudiciable à sa stabilité économique et sociale. Une déclaration forte, qui sonne comme un appel à la raison dans un paysage politique fragmenté.
