« Violents affrontements » à la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan : la tension monte d’un cran
De violents affrontements ont éclaté ce samedi 11 octobre entre les forces talibanes et l’armée pakistanaise le long de la frontière qui sépare les deux pays. Selon plusieurs sources locales citées par l’AFP, les échanges de tirs ont été particulièrement intenses dans les provinces afghanes de Khost et de Paktika, voisines du Waziristan, une région pakistanaise déjà connue pour ses tensions récurrentes.
Ces heurts surviennent au lendemain des accusations portées par Kaboul contre Islamabad, soupçonné d’avoir mené des frappes aériennes sur le territoire afghan. Le gouvernement taliban a dénoncé une « violation flagrante de la souveraineté nationale », affirmant que les bombardements auraient fait plusieurs victimes civiles. De son côté, le Pakistan soutient qu’il a ciblé des positions du Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), un groupe islamiste armé qu’il accuse d’utiliser le sol afghan comme base arrière pour ses attaques.
Dans un communiqué diffusé ce samedi, le porte-parole du ministère afghan de la Défense, Enayatullah Khwarazmi, a indiqué que les forces talibanes avaient riposté « avec vigueur » à ce qu’il qualifie d’« agression injustifiée ». Des témoins dans la région rapportent que des obus de mortier ont été tirés des deux côtés de la frontière, provoquant la panique parmi les habitants et forçant plusieurs familles à fuir.
Du côté pakistanais, les autorités militaires ont confirmé la survenue d’« incidents armés » tout en appelant à la désescalade. Un haut responsable de la sécurité, cité sous anonymat, a précisé que « les opérations de défense » visaient à protéger la frontière contre « des éléments terroristes infiltrés depuis l’Afghanistan ».
Les relations entre Islamabad et Kaboul n’ont cessé de se détériorer depuis le retour des talibans au pouvoir en 2021. Le Pakistan, qui fut longtemps un allié stratégique des insurgés, les accuse aujourd’hui de fermer les yeux sur la montée du TTP, actif dans les zones tribales frontalières.
Alors que la situation reste tendue, des diplomates régionaux appellent à une médiation urgente pour éviter une escalade militaire majeure. Les observateurs redoutent qu’une confrontation prolongée ne déstabilise davantage une région déjà fragilisée par les crises humanitaires et sécuritaires.
Ces violents affrontements viennent ainsi rappeler la fragilité de la ligne Durand — tracée il y a plus d’un siècle — qui continue de séparer, mais aussi de diviser, les peuples et les intérêts des deux nations voisines.
