Soudan du Sud : près de 300 000 personnes ont fui le pays en 2025, selon l’ONU, sur fond de guerre interne ravivée

Soudan du Sud : près de 300 000 personnes ont fui le pays en 2025, selon l’ONU, sur fond de guerre interne ravivée

Le drame humanitaire s’aggrave au Soudan du Sud, où environ 300 000 personnes ont fui le pays depuis le début de l’année 2025, selon un rapport publié ce lundi 13 octobre par les Nations unies. L’organisation attribue cet exode massif à l’intensification des combats entre les forces loyales au président Salva Kiir et celles de l’ex-vice-président Riek Machar, actuellement suspendu de ses fonctions et jugé pour crimes contre l’humanité.

« La majorité de ces déplacements sont liés à la recrudescence des violences intercommunautaires et aux affrontements armés entre factions rivales », a indiqué un porte-parole du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Les civils fuient principalement vers le Soudan, l’Ouganda et l’Éthiopie, aggravant une crise régionale déjà critique.

Le Soudan du Sud, indépendant depuis 2011, reste le plus jeune État du monde, mais aussi l’un des plus fragiles. Malgré d’importantes réserves pétrolières, le pays fait face à une pauvreté endémique, à des tensions ethniques persistantes et à un système politique profondément divisé. Les promesses de paix signées ces dernières années n’ont pas résisté à la méfiance mutuelle entre les deux anciens alliés devenus ennemis.

Les organisations humanitaires alertent sur une catastrophe humanitaire imminente : plus de neuf millions de Sud-Soudanais, soit près des trois quarts de la population, dépendent déjà de l’aide internationale pour survivre. L’ONU réclame d’urgence un accès sécurisé aux zones de conflit et un renforcement du financement de la réponse humanitaire, actuellement sous-dotée.

Alors que la communauté internationale multiplie les appels au calme, le pays s’enfonce un peu plus dans le chaos. L’exode de 2025 illustre une fois encore la fragilité chronique du processus de paix sud-soudanais, et le désespoir d’une population piégée entre guerre, pauvreté et instabilité politique.

Seune Cheikh FAYE

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