Bruno Retailleau quitte l’Intérieur en lançant un appel à « rétablir l’ordre » face à une « France désarmée »
C’est un départ qui ne passe pas inaperçu. L’ancien ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a profité, lundi 13 octobre, de sa cérémonie de passation à la Place Beauvau pour livrer un discours offensif, marqué par un ton grave et une mise en garde : selon lui, la France fait face à une crise profonde de l’autorité.
« Je n’allais pas partir comme un voleur ! », a-t-il lancé, défiant ainsi la consigne du Premier ministre Sébastien Lecornu, qui avait demandé des passations sans presse ni invités. Devant les caméras, Bruno Retailleau a tenu à défendre son bilan et à marteler son credo : « Rétablir l’ordre. »
« La France s’est désarmée depuis des décennies, moralement, politiquement, et parfois même physiquement. Nous devons retrouver le sens de l’autorité et du respect de la loi, sinon notre République vacillera », a-t-il averti, dans une allusion directe aux récentes tensions sociales et sécuritaires qui ont marqué son passage à l’Intérieur.
Arrivé à Beauvau dans un contexte déjà tendu, Bruno Retailleau aura connu un mandat court mais marqué par plusieurs crises sécuritaires : violences urbaines, montée des trafics et multiplication des attaques contre les forces de l’ordre. Son style, jugé ferme et sans concession, lui a valu à la fois des critiques à gauche et des soutiens appuyés au sein de la droite parlementaire.
Son départ intervient au moment où Laurent Nuñez, préfet de police de Paris, est pressenti pour lui succéder dans le gouvernement Lecornu II. Mais Retailleau, fidèle à sa réputation de tribun, n’a pas manqué de laisser son empreinte politique : « L’ordre n’est pas un mot d’extrême droite, c’est la première des libertés. »
En s’affranchissant des consignes et en choisissant de partir devant les caméras, Bruno Retailleau signe une sortie à son image : directe, politique et profondément marquée par la conviction que la France doit renouer avec la fermeté.
