Maroc : dix-sept personnes condamnées à de lourdes peines après les manifestations de la jeunesse

Maroc : dix-sept personnes condamnées à de lourdes peines après les manifestations de la jeunesse

Au Maroc, dix-sept personnes ont été condamnées à des peines allant de trois à quinze ans de prison pour des violences commises dans le sud du pays en marge des récentes manifestations de la jeunesse, selon des sources judiciaires citées ce mercredi 15 octobre. Ces condamnations interviennent à la suite de plusieurs nuits de mobilisation initiées par le collectif « GenZ 212 », mouvement citoyen né sur les réseaux sociaux.

Des rassemblements pacifiques qui ont dégénéré

Entre le 27 septembre et le 9 octobre, les jeunes du collectif « GenZ 212 » ont organisé des rassemblements pacifiques dans plusieurs villes du royaume, réclamant des réformes profondes dans les secteurs de la santé, de l’éducation, ainsi qu’une lutte accrue contre la corruption et le remaniement du gouvernement.
Cependant, dans certaines localités du sud, notamment à Guelmim et Laâyoune, ces mobilisations ont dégénéré, donnant lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre, à des dégradations de biens publics et à plusieurs blessés légers.

Des peines exemplaires prononcées

Les 17 prévenus ont été jugés pour violences, attroupement non autorisé et destruction de biens publics. Le tribunal a justifié les lourdes peines par la gravité des faits et leur impact sur la sécurité publique. Les avocats de la défense ont dénoncé un procès expéditif, affirmant que plusieurs jeunes n’avaient fait qu’exprimer pacifiquement leurs revendications sociales.

Un mouvement inédit et apolitique

Le collectif « GenZ 212 », dont les fondateurs restent anonymes, a émergé sur TikTok, X (Twitter) et Instagram, symbolisant la nouvelle génération marocaine connectée et engagée. Le mouvement se veut apolitique, mais traduit un malaise social croissant chez la jeunesse, confrontée au chômage, au coût de la vie et à un sentiment d’exclusion politique.

Ces condamnations marquent un tournant dans la gestion des mobilisations sociales au Maroc, où les autorités cherchent à éviter toute escalade, tout en maintenant un discours d’ouverture au dialogue avec la jeunesse.

Seune Cheikh FAYE

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