Union européenne : un premier pas vers l’utilisation des avoirs russes pour financer l’Ukraine

Union européenne : un premier pas vers l’utilisation des avoirs russes pour financer l’Ukraine

Les dirigeants de l’Union européenne ont franchi, ce jeudi 23 octobre 2025, une étape politique importante en demandant à la Commission européenne d’examiner les moyens de financer l’Ukraine sur les deux prochaines années, en envisageant un recours partiel aux avoirs russes gelés depuis le début de la guerre, ont indiqué plusieurs diplomates européens à l’AFP.

La formulation de cette proposition, adoptée au terme de plusieurs heures de négociations tendues, reste volontairement vague et prudente, afin de ménager les fortes réticences de la Belgique, pays au cœur du dispositif de gestion de ces fonds. Bruxelles abrite en effet Euroclear, la chambre de compensation où sont conservés la majorité des environ 210 milliards d’euros d’actifs russes gelés dans l’UE depuis 2022.

Selon les diplomates, le texte adopté par les dirigeants européens ouvre la porte à un prêt européen garanti par les revenus générés par ces avoirs, une solution présentée comme un compromis entre les pays favorables à une utilisation directe de ces fonds et ceux qui redoutent un précédent juridique dangereux.

« La décision ne constitue pas encore un accord sur l’utilisation des avoirs, mais un signal politique clair : l’Union veut transformer les actifs russes gelés en un outil de soutien durable à l’Ukraine », a confié une source européenne proche des discussions.

Le dossier, hautement sensible sur le plan juridique et diplomatique, sera à l’ordre du jour du prochain sommet européen de décembre, où la Commission devra présenter des options concrètes de financement.

Depuis plusieurs mois, les États-Unis et plusieurs pays d’Europe de l’Est pressent Bruxelles d’agir plus rapidement pour mobiliser ces ressources au profit de Kiev. Mais la Belgique, l’Allemagne et la France ont exprimé leur prudence, invoquant les risques de contentieux internationaux et les implications possibles sur la stabilité du système financier mondial.

« Il s’agit d’un pas symbolique mais important : pour la première fois, les Vingt-Sept acceptent d’envisager l’idée que les actifs russes puissent servir, directement ou indirectement, à la reconstruction de l’Ukraine », a résumé un diplomate européen.

Ce premier pas politique marque donc une évolution notable dans la position européenne, alors que Kiev continue d’appeler ses alliés à trouver des financements pérennes pour sa défense et sa reconstruction, dans un contexte où la fatigue financière des soutiens occidentaux se fait de plus en plus sentir.

Seune Cheikh FAYE

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