Japon : la nouvelle Première ministre Sanae Takaichi promet d’accélérer la hausse des dépenses militaires
À peine entrée en fonction, la nouvelle Première ministre japonaise Sanae Takaichi affiche une ligne ferme en matière de défense. Lors de son premier discours politique devant le Parlement, vendredi, la cheffe du gouvernement a annoncé son intention d’accélérer le gonflement du budget militaire du Japon pour atteindre 2 % du PIB d’ici 2027, soit deux ans avant le calendrier initialement prévu.
« Le Japon doit être prêt à faire face à un environnement sécuritaire de plus en plus difficile. Les activités militaires de la Chine, de la Corée du Nord et de la Russie constituent une grave préoccupation », a déclaré Takaichi dans un ton solennel, marquant une rupture avec la prudence traditionnelle de la diplomatie japonaise d’après-guerre.
Une course vers le renforcement militaire
Cette annonce confirme la volonté de Tokyo de rompre avec sa posture défensive historique, inscrite dans la Constitution pacifiste de 1947. Sous l’impulsion de Takaichi, figure conservatrice du Parti libéral-démocrate (PLD), le gouvernement entend accélérer la modernisation des forces armées et renforcer la coopération avec les alliés occidentaux, notamment les États-Unis.
Selon des sources gouvernementales, la hausse du budget devrait permettre l’acquisition de nouveaux systèmes antimissiles, de sous-marins à propulsion avancée et de capacités de frappe à longue portée, un sujet jusqu’ici controversé dans l’opinion publique.
Pékin et Pyongyang dans le viseur
La Première ministre a insisté sur les menaces croissantes dans la région Indo-Pacifique. Elle a cité les manœuvres militaires répétées de la Chine autour de Taïwan, les lancements de missiles nord-coréens au-dessus du territoire japonais, ainsi que la coopération militaire entre Moscou et Pékin, qu’elle qualifie de « facteur déstabilisant majeur ».
« Nous ne pouvons plus nous permettre de rester spectateurs face à ces provocations. La sécurité du Japon et de son peuple passe par la dissuasion et la préparation », a martelé Takaichi.
Soutiens et inquiétudes
Si la droite nationaliste applaudit cette politique de fermeté, une partie de la population reste divisée. Des organisations pacifistes ont dénoncé « une dérive militariste », tandis que certains partis d’opposition réclament un débat national sur la stratégie de défense et le financement de cette hausse budgétaire.
Sur le plan international, Washington a salué la déclaration de la Première ministre, y voyant « un engagement fort en faveur de la stabilité régionale ». En revanche, la Chine a réagi avec froideur, appelant Tokyo à « tirer les leçons de l’Histoire » et à éviter « toute escalade militaire ».
Une nouvelle ère politique à Tokyo
Première femme à diriger le Japon depuis plusieurs décennies, Sanae Takaichi entend incarner une ère de fermeté et de réforme. Proche de l’ancien Premier ministre Shinzo Abe, dont elle revendique l’héritage politique, elle mise sur une diplomatie plus affirmée et un Japon « capable de se défendre sans dépendre excessivement des autres ».
Alors que la région est traversée par des tensions croissantes, le Japon semble s’engager dans une redéfinition profonde de sa doctrine militaire, sous l’impulsion d’une dirigeante déterminée à faire du pays un acteur stratégique de plein droit sur la scène mondiale.
