Afrique : croissance solide de 4,2 % et dette stabilisée à 65 % du PIB malgré un contexte mondial tendu
L’Afrique affiche des signaux économiques positifs à l’issue des Assemblées annuelles 2025 du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, tenues à Washington. Selon un rapport relayé par Le Soleil, le continent maintient une croissance moyenne de 4,2 %, tandis que sa dette publique se stabilise autour de 65 % du PIB, un indicateur encourageant dans un environnement international marqué par les incertitudes géopolitiques et financières.
Une stabilité macroéconomique en progrès
Dans une déclaration conjointe, Kristalina Georgieva, directrice générale du FMI, et Hervé Ndoba, président du groupe des gouverneurs africains, ont salué les efforts d’assainissement budgétaire et de discipline macroéconomique entrepris par plusieurs États africains.
La région enregistre une inflation moyenne en recul, désormais proche de 4 %, après des années de flambée liée à la pandémie et à la crise énergétique mondiale. Ces performances traduisent, selon les institutions de Bretton Woods, la résilience du continent et l’efficacité des réformes engagées pour consolider les finances publiques.
« L’Afrique démontre une remarquable capacité d’adaptation face aux chocs mondiaux. Le défi, désormais, est de transformer cette résilience en croissance inclusive et durable », a déclaré Kristalina Georgieva.
Trois freins structurels persistent
Malgré ces avancées, trois vulnérabilités majeures continuent de freiner la pleine réalisation du potentiel africain :
- Le poids du service de la dette, qui absorbe jusqu’à 15 % des recettes publiques dans les pays à faible revenu.
- Un financement externe limité, en raison de la hausse des taux d’intérêt mondiaux et de la baisse de l’aide publique au développement.
- Les risques climatiques croissants, qui amputent la croissance annuelle de 1 à 2 points dans les pays les plus exposés aux sécheresses, inondations et crises alimentaires.
Des réformes prioritaires pour consolider la trajectoire
Face à ces défis, les experts appellent à accélérer les réformes fiscales et structurelles.
Les priorités identifiées concernent :
- La mobilisation des ressources intérieures, à travers l’élargissement de l’assiette fiscale et la digitalisation des systèmes de collecte.
- La gouvernance budgétaire, en renforçant la transparence et la responsabilité dans l’utilisation des fonds publics.
- Les investissements ciblés dans les infrastructures et le capital humain, considérés comme les piliers d’une croissance inclusive.
- Le développement du secteur privé et une meilleure intégration régionale, pour stimuler la productivité et les échanges intra-africains.
Le FMI intensifie son soutien au continent
Le Fonds monétaire international a réaffirmé son engagement à accompagner les pays africains dans cette dynamique.
Ses programmes prévoient désormais une enveloppe annuelle moyenne de 7,1 milliards de dollars à destination du continent.
- Le Fonds pour la réduction de la pauvreté et la croissance (RPC), qui octroie des prêts à taux zéro aux pays les plus vulnérables, mobilisera près de 5,2 milliards de DTS par an.
- Le Fonds pour la résilience et la durabilité (FFRD) vise à financer les transitions climatiques et sanitaires, avec 26 programmes déjà approuvés, dont près de la moitié en Afrique.
Une trajectoire optimiste mais prudente
Si la croissance africaine reste plus soutenue que la moyenne mondiale, les institutions appellent à la prudence. La soutenabilité de la dette, la diversification économique et la lutte contre les inégalités demeurent des enjeux déterminants pour maintenir cette dynamique.
Entre résilience économique et défis structurels, l’Afrique s’impose désormais comme un pôle de stabilité relative, mais son essor futur dépendra de la profondeur des réformes et du maintien du soutien international.
