Brésil : Lula fait un geste fort en faveur des classes moyennes, malgré la grogne des marchés
Brasília – La chambre des députés a adopté, mercredi 1er octobre, une mesure fiscale phare du gouvernement brésilien : l’élargissement de l’exonération de l’impôt sur le revenu aux classes moyennes. Désormais, les contribuables percevant jusqu’à 5 000 réaux par mois (environ 800 euros) ne paieront plus cet impôt, contre un plafond fixé à 3 000 réaux (480 euros) auparavant.
Présentée par le président Luiz Inacio Lula da Silva comme une mesure de justice sociale, cette réforme devrait bénéficier directement à près de 16 millions de Brésiliens dès 2026, selon les estimations du gouvernement. « Nous redonnons du souffle aux familles qui travaillent et qui portent le pays à bout de bras », a déclaré Lula devant ses partisans.
Mais cette avancée pour les classes moyennes ne fait pas l’unanimité. Les marchés financiers ont exprimé leur mécontentement, redoutant un déséquilibre budgétaire. Pour compenser la baisse des recettes, le texte prévoit une hausse de l’imposition des plus hauts revenus, en ciblant ceux qui gagnent plus de 50 000 réaux par mois (près de 8 000 euros). Une décision saluée par les syndicats mais critiquée par certains économistes, qui y voient un risque de fuite des capitaux.
Ce bras de fer illustre une fois encore la ligne de fracture au Brésil : d’un côté, un gouvernement qui entend renforcer son image de champion de l’inclusion sociale ; de l’autre, des milieux d’affaires inquiets d’un retour à une politique fiscale jugée « punitive » pour les plus fortunés.
Alors que le texte doit encore passer l’examen du Sénat, Lula semble décidé à faire de cette réforme un symbole politique, fidèle à son discours de campagne : mettre les classes populaires et moyennes au cœur de son mandat, quitte à s’attirer l’hostilité des marchés.
