Éthiopie : Djibouti appelle à la désescalade face aux tensions dans le nord du pays
Djibouti a appelé dimanche à la désescalade et au règlement pacifique des différends en Éthiopie, où la dégradation de la situation sécuritaire dans le nord du pays suscite de nouvelles inquiétudes régionales et internationales.
Dans un communiqué, le ministère djiboutien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale indique suivre « avec préoccupation la situation en Éthiopie ». Il plaide pour le dialogue et met en garde contre les conséquences d’une reprise des hostilités sur la stabilité de la Corne de l’Afrique.
Djibouti a également réaffirmé sa solidarité avec le peuple éthiopien, qui aspire à une paix durable et à la cohésion nationale. Le ministère déplore le retour des affrontements, estimant qu’ils aggravent les souffrances des populations et compromettent les perspectives de développement ainsi que l’intégration économique régionale.
Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions renouvelées dans le nord de l’Éthiopie, qui ravivent les craintes d’une reprise du conflit entre les forces fédérales et les combattants liés au Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).
Entre novembre 2020 et novembre 2022, la guerre au Tigré avait provoqué une grave crise humanitaire, plongeant des millions de personnes dans le besoin d’une assistance urgente. Les hostilités avaient pris fin avec la signature, en novembre 2022 à Pretoria, en Afrique du Sud, d’un accord de paix entre les parties.
Mais cet accord reste soumis à des tensions persistantes. Vendredi, les Nations unies ont exprimé leur inquiétude face à la détérioration de la situation sécuritaire dans le nord de l’Éthiopie et à l’extension des combats sur plusieurs fronts.
L’Union africaine a, de son côté, appelé à « la plus grande retenue » et à l’arrêt immédiat des actions susceptibles d’aggraver les tensions. Elle a également insisté sur la reprise des pourparlers directs dans le cadre de l’accord de Pretoria.
Sur le terrain, les déclarations des parties illustrent la gravité de la situation. Jeudi, les Forces de défense nationale éthiopiennes ont affirmé que 272 combattants du TPLF avaient été tués après une offensive menée par le groupe mardi soir, qu’elles ont qualifiée d’infructueuse. Ce bilan n’est pas confirmé de manière indépendante.
Pour Djibouti, dont les échanges commerciaux et les liaisons régionales sont étroitement liés à la stabilité de l’Éthiopie, une nouvelle escalade ferait peser des risques sur l’ensemble de la région. L’appel au dialogue rejoint ainsi les préoccupations de l’ONU et de l’Union africaine, qui cherchent à préserver les acquis de l’accord de Pretoria et à éviter un nouvel embrasement dans la Corne de l’Afrique.
