France : Sébastien Lecornu réunit les forces politiques à Matignon autour du budget et de la Nouvelle-Calédonie
Le Premier ministre démissionnaire Sébastien Lecornu tente une dernière manœuvre d’apaisement politique. Dans un contexte de fortes tensions institutionnelles, il a convié, entre mardi après-midi et mercredi matin, « chacune des forces politiques » à Matignon pour une série de consultations. Objectif affiché : trouver un consensus sur deux dossiers jugés « urgents » — le budget 2026 et l’avenir de la Nouvelle-Calédonie.
Dans un communiqué diffusé mardi 7 octobre, M. Lecornu a précisé que les discussions avec le socle commun de la droite et du centre avaient déjà permis de s’accorder sur ces deux priorités. « Tous ont convenu de ces deux urgences, avec une volonté partagée de trouver une issue rapide », a-t-il affirmé, soulignant la nécessité de « maintenir le dialogue républicain malgré les divergences ».
Le chef du gouvernement sortant entend ainsi éviter un blocage institutionnel à l’approche de la présentation du projet de loi de finances, dans un climat marqué par la fragmentation politique et les tensions post-électorales. Le budget, particulièrement sensible, devrait cristalliser les débats autour de la maîtrise des dépenses publiques et de la relance économique, dans un contexte de hausse du déficit et de pression sociale croissante.
Quant à la Nouvelle-Calédonie, le dossier reste explosif. Après les émeutes de mai et les profondes divisions entre loyalistes et indépendantistes, Sébastien Lecornu — ancien ministre des Outre-mer — veut rouvrir un dialogue de confiance pour éviter une nouvelle crise institutionnelle dans l’archipel.
Ces rencontres à Matignon s’inscrivent dans une volonté de transition apaisée, alors que le pays attend la nomination du prochain gouvernement. Pour Sébastien Lecornu, il s’agit de clore son passage à Matignon sur une note de responsabilité, en maintenant le cap sur deux sujets essentiels à la stabilité politique et territoriale de la France.
Reste à savoir si cet appel au rassemblement sera entendu par une classe politique plus fragmentée que jamais, à la veille d’un automne qui s’annonce décisif pour l’avenir du quinquennat et l’équilibre institutionnel du pays.
