Israël restitue 15 dépouilles de Palestiniens à Gaza dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu
Dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu négocié sous l’égide du président américain Donald Trump, Israël a restitué 15 dépouilles de Palestiniens à la bande de Gaza, a annoncé samedi 18 octobre le ministère de la Santé du territoire, contrôlé par le Hamas. Cette nouvelle restitution porte à 135 le nombre de corps rapatriés depuis le début de la semaine.
Selon le ministère, les dépouilles ont été remises via le point de passage de Rafah, à la frontière sud de la bande de Gaza, avant d’être transférées dans les hôpitaux locaux pour identification. Le processus de restitution s’inscrit dans le cadre d’un accord bilatéral inédit qui prévoit qu’Israël remettra les dépouilles de 15 Gazaouis pour chaque otage israélien restitué. Depuis lundi, le Hamas a déjà remis les corps de dix otages.
Une trêve fragile sous haute tension
Cet échange macabre intervient dans un contexte de trêve fragile, où les opérations humanitaires se mêlent à de délicates négociations politiques. Si l’accord vise à réduire la tension et à faciliter les démarches humanitaires, il met également en lumière l’ampleur du drame humain des deux côtés.
À Jérusalem, le gouvernement israélien a confirmé le transfert des corps, affirmant qu’il s’agissait d’un « geste humanitaire réciproque », tout en soulignant que les négociations se poursuivent pour récupérer les otages encore détenus vivants à Gaza.
Une opération symbolique et controversée
Pour de nombreux Palestiniens, la restitution des dépouilles représente une victoire morale et un devoir de mémoire envers les victimes du conflit. Des rassemblements ont eu lieu à Gaza pour accompagner les cercueils, dans une atmosphère mêlant recueillement et colère.
Du côté israélien, certaines voix critiquent un accord jugé déséquilibré, estimant qu’il pourrait renforcer la légitimité du Hamas sur la scène politique locale.
Une dynamique incertaine
Malgré la poursuite des restitutions, les médiateurs régionaux et internationaux restent prudents. La trêve, arrachée après des semaines de discussions intenses, demeure précaire, menacée à tout moment par de nouveaux accrochages ou des divergences sur la mise en œuvre des engagements.
À Gaza comme en Israël, les familles endeuillées espèrent que ces échanges funèbres ouvriront la voie à un dialogue plus durable, voire à un espoir ténu de paix, dans un conflit qui ne cesse de se réécrire à travers les tragédies humaines.
