Japon : Tokyo s’apprête à franchir le pas vers la reconnaissance de l’État de Palestine

Japon : Tokyo s’apprête à franchir le pas vers la reconnaissance de l’État de Palestine

New York, 23 septembre — Le Premier ministre japonais, Shigeru Ishiba, a créé la surprise à la tribune de l’ONU en affirmant que la reconnaissance de l’État de Palestine par le Japon n’était désormais « qu’une question de temps ». Une prise de position inédite pour Tokyo, longtemps resté prudent sur ce dossier explosif au Proche-Orient.

Se déclarant « indigné » par les récents propos de responsables israéliens, le chef du gouvernement nippon a voulu marquer un tournant diplomatique. « Le Japon a toujours soutenu le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Notre engagement en faveur de la paix n’est pas abstrait : il doit se traduire en actes », a-t-il lancé devant les délégations réunies.

La déclaration intervient au lendemain de la reconnaissance officielle de la Palestine par plusieurs puissances occidentales, dont la France, le Royaume-Uni et le Canada. Pour Tokyo, qui entretient des relations stratégiques avec Israël mais se présente aussi comme un médiateur neutre au Moyen-Orient, ce changement d’attitude traduit une volonté d’assumer un rôle diplomatique plus affirmé sur la scène internationale.

L’archipel, puissance économique et allié fidèle des États-Unis, avait jusque-là préféré maintenir une position de soutien humanitaire et financier à l’Autorité palestinienne, sans aller jusqu’à une reconnaissance officielle. Mais la guerre qui oppose Israël au Hamas depuis près de deux ans semble avoir fait évoluer les équilibres. « Le temps de la prudence est révolu », a glissé un diplomate japonais en marge de l’Assemblée générale.

Aujourd’hui, près de 150 des 193 États membres de l’ONU reconnaissent déjà la Palestine, selon l’AFP. Si Tokyo franchit le pas, ce sera une première historique pour l’Asie orientale, et un signal fort adressé à Washington, principal allié de l’État hébreu.

Au Japon, cette perspective pourrait nourrir un débat intérieur sur la place du pays dans la diplomatie mondiale. Entre fidélité à l’alliance américaine et volonté d’incarner un acteur indépendant au service de la paix, Shigeru Ishiba semble avoir choisi d’ouvrir une nouvelle voie pour la politique étrangère japonaise.

Seune Cheikh FAYE

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