Moldavie : le PAS pro-européen confirme sa majorité et relance le pari européen
Chisinau, 29 septembre – La Moldavie a tranché. Les élections législatives du dimanche 28 septembre ont confirmé la domination du Parti d’action et de solidarité (PAS), formation pro-européenne au pouvoir, qui obtient plus de 50 % des suffrages selon la Commission électorale centrale, après dépouillement de 99,52 % des bulletins. Avec 55 sièges sur 101 prévus au Parlement, le PAS conserverait la majorité absolue, malgré un léger recul par rapport à 2021.
En face, le Bloc patriotique pro-russe, conduit notamment par l’ex-président Igor Dodon, recueille 24,26 % des voix. Contestant les résultats, il a revendiqué la victoire et appelé ses partisans à manifester dès lundi à Chisinau.
Un choix stratégique pour l’avenir
Au-delà des chiffres, ce scrutin illustre une ligne de fracture claire : poursuivre l’intégration vers l’Union européenne ou se rapprocher à nouveau de Moscou. Plus de 52 % des électeurs ont pris part au vote, signe d’une mobilisation forte dans un pays de 2,6 millions d’habitants, situé au carrefour de l’Est et de l’Ouest.
« Ensemble, avec notre présidente Maia Sandu, nous voulons accéder à la famille européenne », explique Radu, un jeune militant pro-PAS, rencontré dans la capitale. Dans la salle du quartier général du parti, pas d’euphorie, mais un profond soulagement.
Espoirs et craintes
Pour une partie des électeurs, ce résultat nourrit l’espoir d’une amélioration économique et sociale. Vassili, retraité, confie : « Nous attendons du nouveau gouvernement une amélioration du niveau de vie. Avec l’Union européenne, nous voulons progresser pour nos enfants et petits-enfants. »
Mais d’autres insistent sur l’enjeu sécuritaire, alors que la guerre en Ukraine voisine hante les esprits. « La Russie nous fait peur. Même pendant nos élections, il y a eu des attaques en Ukraine », rappelle Max, partisan du PAS, convaincu que l’avenir de la Moldavie se joue loin de l’influence russe.
Scrutin sous tension
La campagne n’a pas échappé aux ingérences extérieures. La Commission électorale a dénoncé des tentatives d’intimidation et des opérations d’influence russes, sans qu’elles n’empêchent le déroulement du vote.
À l’heure où la Moldavie aspire à rejoindre l’Union européenne, ces élections renforcent le mandat du PAS et de la présidente Maia Sandu, figure centrale du camp pro-européen. Mais le pays reste profondément polarisé, et la rue moldave pourrait bien être le prochain champ de bataille politique.
