Nucléaire : bras de fer autour des sanctions de l’ONU contre l’Iran

Nucléaire : bras de fer autour des sanctions de l’ONU contre l’Iran

Le spectre d’une nouvelle crise nucléaire s’installe au Moyen-Orient. Vendredi 26 septembre, le Conseil de sécurité de l’ONU a rejeté la résolution proposée par la Russie et la Chine visant à prolonger de six mois l’accord de 2015 encadrant le programme nucléaire iranien. Conséquence directe : les sanctions internationales contre l’Iran seront rétablies dès ce samedi 27 septembre, ouvrant une séquence de tensions qui risque de déstabiliser encore davantage la région.

Un vote qui scelle le retour des sanctions

La résolution russo-chinoise a été balayée par 9 voix contre sur 15. Pour les Occidentaux, il n’était plus possible d’accorder un délai supplémentaire à Téhéran. « Nous attendions des gestes concrets de la part de l’Iran, mais ils n’ont pas eu lieu », a affirmé l’ambassadrice britannique Barbara Woodward. La France a abondé dans ce sens, estimant que le rétablissement des sanctions constituait désormais « un levier » indispensable pour arracher un accord plus « robuste et vérifiable ».

Téhéran dénonce une décision « illégale »

Sans surprise, l’Iran rejette catégoriquement ce retour de sanctions, jugé « nul et non avenu » par son ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi. Dans la foulée, Téhéran a rappelé ses ambassadeurs en France, Allemagne et Royaume-Uni. Le président iranien Massoud Pezeshkian a néanmoins assuré que son pays ne se retirerait pas du Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), tout en accusant les puissances étrangères de « chercher un prétexte pour enflammer la région ».

Une économie sous pression

Au-delà du bras de fer diplomatique, les sanctions risquent d’accentuer une crise économique déjà sévère. La monnaie iranienne a perdu 15 % de sa valeur en quelques jours, et l’inflation dépasse les 50 %. « On se retrouve dans une situation proche de celle d’avant 2015 », analyse Jonathan Piron, spécialiste de l’Iran. Mais, selon lui, l’économie iranienne, plus diversifiée qu’il y a quinze ans, pourrait « tenir le choc », notamment grâce à des ventes d’hydrocarbures détournées.

Inspections de l’AIEA et diplomatie sous tension

Dans ce contexte, la présence d’inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) en Iran confirme que le pays n’a pas rompu tout dialogue technique. « Ils inspectent actuellement nos infrastructures », a affirmé Abbas Araghchi, évoquant un accord récent avec Rafael Grossi, le directeur de l’agence. Reste que, pour les observateurs, les négociations « patinent » et ressemblent à « un jeu de dupes », chacun avançant des gestes symboliques sans véritable concession.

Escalade ou diplomatie ?

Alors que Moscou dénonce « l’hypocrisie » européenne et promet de ne pas appliquer les sanctions, Paris et Londres martèlent qu’elles restent ouvertes à la négociation. Mais le climat rappelle dangereusement les années de confrontation précédant l’accord de 2015. Le dilemme est désormais clair : soit un retour à une spirale d’escalade nucléaire et économique, soit une relance fragile d’une diplomatie sous haute tension.

Seune Cheikh FAYE

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