« Nucléaire : l’Iran brandit la menace de couper les ponts avec l’AIEA »

« Nucléaire : l’Iran brandit la menace de couper les ponts avec l’AIEA »

L’Iran hausse le ton. Le Conseil suprême de sécurité nationale a averti samedi que Téhéran suspendrait sa coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) si les sanctions onusiennes venaient à être rétablies. Cette annonce intervient au lendemain du vote aux Nations unies, à l’initiative de la France, du Royaume-Uni et de l’Allemagne, qui prévoit le retour effectif de sanctions internationales à compter du 28 septembre.

Dans un communiqué diffusé par la télévision d’État, les autorités iraniennes estiment que ce mécanisme « compromettra sérieusement » la collaboration entre l’Iran et l’AIEA, pilier du système mondial de surveillance nucléaire.


Un bras de fer diplomatique autour du nucléaire

Depuis des années, le programme nucléaire iranien est au cœur d’un bras de fer avec les puissances occidentales. L’accord de 2015 (JCPOA), censé encadrer strictement les activités nucléaires civiles de l’Iran en échange d’une levée des sanctions économiques, est fragilisé depuis le retrait unilatéral des États-Unis en 2018 et les violations progressives de ses engagements par Téhéran.

La menace iranienne vise directement la capacité de l’AIEA à inspecter et à contrôler les sites nucléaires du pays, mission cruciale pour éviter tout basculement vers une militarisation du programme.


Une coopération déjà sous pression

Ces dernières années, l’Iran a limité l’accès des inspecteurs internationaux et accru son enrichissement d’uranium, s’approchant dangereusement des seuils techniques nécessaires à la fabrication d’une arme nucléaire. L’AIEA, qui a déjà exprimé son inquiétude sur le manque de transparence de Téhéran, verrait ses marges de manœuvre encore plus réduites si la menace se concrétisait.

Pour les chancelleries occidentales, le rétablissement des sanctions est présenté comme une réponse « nécessaire » aux violations iraniennes. Mais pour Téhéran, il s’agit d’une « pression illégale » qui justifie de se libérer des contraintes de l’accord et des mécanismes de contrôle.


Le spectre d’une escalade

À quelques jours du 28 septembre, date annoncée pour le retour des sanctions, le climat reste explosif. Les experts craignent qu’un arrêt de la coopération avec l’AIEA ouvre une zone d’ombre totale sur les activités nucléaires iraniennes et accentue les risques d’escalade régionale.

« Sans inspections, le monde se retrouvera aveugle sur les intentions réelles de l’Iran », avertissent plusieurs analystes. Une telle rupture marquerait une étape critique, non seulement pour la sécurité du Moyen-Orient, mais aussi pour l’équilibre déjà fragile du régime international de non-prolifération nucléaire.


Seune Cheikh FAYE

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