ONU : Le Togo appelle à « corriger la carte » pour restituer à l’Afrique sa véritable dimension
New York – À la tribune de la 80ᵉ Assemblée générale des Nations unies, le 27 septembre, le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a livré un plaidoyer inattendu mais symboliquement fort : en finir avec les cartes du monde qui minimisent artificiellement la taille du continent africain.
Dénonçant la persistance de la projection de Mercator, mise au point au XVIᵉ siècle pour faciliter la navigation mais héritée de l’époque coloniale, le chef de la diplomatie togolaise a rappelé qu’elle « réduit l’Afrique au profit de l’Europe et de l’Amérique du Nord ». Or, a-t-il insisté, avec plus de 30 millions de km², l’Afrique représente près de 20 % des terres émergées et pourrait contenir plusieurs grandes puissances mondiales réunies.
Pour Lomé, cette question cartographique n’est pas un simple détail technique. « La représentation du monde conditionne la perception des peuples et des rapports de force », a souligné Robert Dussey, appelant l’ONU et l’Union africaine à soutenir le mouvement international Correct the Map, qui milite pour une cartographie décolonisée et plus juste.
L’intervention togolaise s’inscrit dans une démarche plus large de reconnaissance du poids croissant de l’Afrique sur la scène internationale. Avec ses 1,4 milliard d’habitants, sa jeunesse et ses ressources stratégiques, le continent réclame une place accrue dans la gouvernance mondiale – qu’il s’agisse de sièges au Conseil de sécurité ou de représentation dans les institutions financières internationales.
« Restituer à l’Afrique sa véritable taille sur la carte du monde, c’est reconnaître sa dignité, son importance et son rôle dans l’avenir de l’humanité », a conclu le ministre togolais.
Un message qui a trouvé un écho particulier dans une Assemblée où la question de la réforme des institutions internationales, jugées trop centrées sur l’Occident, est de plus en plus au cœur des débats.
