« Pologne et Estonie sonnent l’alarme à l’Otan après de nouvelles incursions russes »
Après plusieurs violations de leur espace aérien par des appareils militaires russes, la Pologne puis l’Estonie ont demandé l’activation de l’article 4 du traité de l’Atlantique Nord. Une procédure rare qui illustre les tensions croissantes entre l’Alliance et Moscou.
Deux intrusions en dix jours
Le 10 septembre, Varsovie avait dénoncé l’intrusion de 19 drones russes dans son ciel, conduisant à une demande immédiate de consultations au sein de l’Otan. Vendredi 19 septembre, c’est Tallinn qui a suivi le même chemin après le survol de son territoire par trois chasseurs MiG-31 russes.
Ces incidents ont poussé le Conseil de l’Atlantique nord, l’organe décisionnel de l’Alliance, à se réunir d’urgence. « Nous avons décidé de tenir la réunion prévue dans le cadre de l’article 4 », ont confirmé plusieurs diplomates.
Un mécanisme de consultation entre alliés
L’article 4 du traité atlantique se résume en une phrase : « Les parties se consulteront chaque fois que, de l’avis de l’une d’elles, l’intégrité territoriale, l’indépendance politique ou la sécurité de l’une des parties sera menacée. »
En pratique, il s’agit donc d’un mécanisme de concertation qui permet aux États membres de coordonner leur réponse à une menace.
Dans le cas polonais, cette consultation a débouché sur le lancement de l’opération « Sentinelle orientale », destinée à renforcer le flanc est de l’Otan. Plusieurs pays, dont le Danemark, la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, y participent, a confirmé le secrétaire général Mark Rutte.
Une étape avant l’article 5
Si l’article 4 reste consultatif, il ouvre potentiellement la voie à l’activation de l’article 5, véritable pilier de l’Alliance. Celui-ci stipule qu’une attaque contre un seul membre est considérée comme une attaque contre tous, entraînant une riposte collective, y compris militaire.
Depuis 1949, l’article 4 n’a été invoqué que neuf fois, principalement en lien avec la guerre en Ukraine. L’article 5, quant à lui, n’a été activé qu’une seule fois : après les attentats du 11 septembre 2001, en soutien aux États-Unis.
Une escalade sous surveillance
Pour l’heure, Varsovie et Tallinn privilégient la voie de la concertation, mais l’enchaînement des intrusions aériennes russes nourrit les inquiétudes d’une escalade. Les pays baltes, situés en première ligne face à Moscou, redoutent particulièrement que les provocations répétées ne finissent par déclencher une réaction plus ferme de l’Alliance.
