Sénégal–Mauritanie : une alliance énergétique historique en haute mer
Ce jeudi 22 mai 2025 restera une date mémorable pour l’Afrique de l’Ouest. Au large de l’Atlantique, sur la frontière maritime entre le Sénégal et la Mauritanie, les présidents Bassirou Diomaye Diakhar Faye et Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani ont scellé une coopération énergétique sans précédent en visitant conjointement la plateforme gazière Grand Tortue Ahmeyim (GTA). Ce projet stratégique marque l’entrée conjointe des deux pays dans le cercle restreint des producteurs mondiaux de gaz naturel liquéfié (GNL).

Une scène symbolique et une vision partagée
Sur fond d’océan et de technologies de pointe, les deux chefs d’État ont souligné le caractère « historique et structurant » de cette visite. Entourés des principaux partenaires du projet – BP, Kosmos Energy, PETROSEN pour le Sénégal et SMH pour la Mauritanie – ils ont réaffirmé leur volonté commune de faire de GTA un moteur de souveraineté énergétique, de croissance économique et de transformation régionale.
« Ce projet incarne une Afrique qui se prend en main, qui coopère et qui innove pour offrir un avenir meilleur à ses populations », a déclaré le président sénégalais Faye. Son homologue mauritanien a salué quant à lui « une étape décisive vers la construction d’économies résilientes, indépendantes et inclusives ».

Une coopération transfrontalière inédite
Le projet Grand Tortue Ahmeyim, dont les installations se trouvent à cheval sur les zones économiques exclusives des deux pays, illustre une coopération bilatérale exemplaire. Rarement un projet énergétique d’une telle ampleur a réussi à harmoniser autant les intérêts, les visions et les ressources de deux nations africaines.
Avec une capacité de production estimée à 2,5 millions de tonnes de GNL par an, GTA s’impose déjà comme l’un des gisements les plus prometteurs du continent. Les réserves recensées s’élèvent à plusieurs centaines de milliards de mètres cubes de gaz.

Des retombées économiques attendues
Au-delà de l’enjeu géopolitique, les retombées économiques pour les deux pays s’annoncent majeures. Création d’emplois, développement de chaînes de valeur locales, formation de la jeunesse, investissements dans les infrastructures… Les présidents ont insisté sur la nécessité d’utiliser les revenus du gaz pour industrialiser, autonomiser et moderniser leurs économies.
« Il ne s’agit pas seulement d’exporter du gaz, mais de produire de la valeur, de la compétence et de la dignité », a souligné un responsable de PETROSEN.
L’Afrique à l’assaut de la scène énergétique mondiale
Alors que le monde est en pleine transition énergétique et que la demande de gaz explose, notamment en Europe, le Sénégal et la Mauritanie s’imposent comme de nouveaux acteurs crédibles et compétitifs. Leur alliance énergétique pourrait même servir de modèle à d’autres pays africains confrontés à la nécessité de coopérer pour exploiter durablement leurs ressources.
Une leçon d’histoire et d’unité
La scène restera gravée dans les mémoires : deux chefs d’État africains, côte à côte sur une plateforme en haute mer, unis par une même ambition. Avec GTA, le Sénégal et la Mauritanie ne partagent pas seulement un gisement : ils partagent une vision, une souveraineté retrouvée, et un message fort au reste du monde.
