Silence brisé dans le Donbass : un photojournaliste français tué sous les drones

Silence brisé dans le Donbass : un photojournaliste français tué sous les drones

Le photojournaliste français Antoni Lallican, âgé de 37 ans, a été tué vendredi matin dans une attaque de drone dans l’est de l’Ukraine, alors qu’il couvrait le conflit dans la région du Donbass. Face à ce drame, le parquet national antiterroriste (Pnat) a annoncé, dimanche 5 octobre, l’ouverture d’une enquête pour “crime de guerre”, confirmant ainsi la gravité des faits et la volonté des autorités françaises d’en élucider les circonstances.

Une enquête confiée à l’OCLCH

Le Pnat précise que les investigations ont été confiées à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité et les crimes de haine (OCLCH), une unité spécialisée dans la traque des exactions commises sur les théâtres de guerre. Cette procédure vise à établir les responsabilités et à déterminer si le photojournaliste a été délibérément ciblé dans l’exercice de son métier.

Antoni Lallican se trouvait dans une zone particulièrement exposée aux combats lorsque son équipe a été touchée par une attaque de drones. Son confrère ukrainien, Georguiï Ivantchenko, a été grièvement blessé lors de la même frappe. Les autorités ukrainiennes évoquent une attaque russe, sans qu’aucune confirmation officielle n’ait encore été apportée.

Un métier exercé au péril de la vie

Antoni Lallican, photoreporter expérimenté, avait déjà couvert plusieurs zones de guerre, dont la Syrie et le Soudan. Il collaborait régulièrement avec plusieurs médias français et internationaux. Ses proches le décrivent comme un professionnel passionné, profondément attaché à la vérité et à l’image juste, toujours prêt à s’aventurer au plus près du terrain pour témoigner.

Sa mort porte à plus de vingt le nombre de journalistes tués depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine, selon les organisations de défense de la presse. Reporters sans frontières (RSF) a immédiatement réagi, saluant la mémoire d’un « journaliste courageux » et rappelant que les journalistes ne sont pas des cibles.

La France exige des explications

Le ministère français des Affaires étrangères a exprimé sa « profonde tristesse » et a demandé que toute la lumière soit faite sur les circonstances de la frappe. « La France condamne avec la plus grande fermeté les attaques contre les journalistes. Ceux qui œuvrent pour informer doivent être protégés en toutes circonstances », a déclaré un porte-parole du Quai d’Orsay.

L’émotion dans le monde du photojournalisme

Dans les rédactions comme sur les réseaux sociaux, une vague d’émotion a déferlé après l’annonce du décès d’Antoni Lallican. Ses collègues et amis ont partagé ses clichés et ses reportages, souvent marqués par une approche humaniste et sensible du conflit.

« Antoni croyait que la photo pouvait réveiller les consciences. Il est mort en faisant ce qu’il aimait : témoigner », a écrit un confrère sur X (ex-Twitter).

Alors que la guerre en Ukraine se poursuit, la mort d’Antoni Lallican rappelle tragiquement le prix que paient les journalistes pour informer le monde — un prix, parfois, jusqu’à la vie elle-même.

Seune Cheikh FAYE

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