Ukraine : Tchernobyl plongé dans le noir après une attaque russe
Kiev, 1er octobre. Nouveau coup de semonce dans la guerre énergétique et psychologique qui secoue l’Ukraine : le site nucléaire de Tchernobyl, théâtre de la plus grave catastrophe atomique de l’Histoire en 1986, a été privé d’électricité à la suite d’un bombardement russe, a annoncé le ministère ukrainien de l’Énergie.
Selon Kiev, les frappes ont provoqué des surtensions qui ont coupé l’alimentation du Nouveau confinement de sécurité (NCS), l’immense structure métallique recouvrant le réacteur numéro 4 détruit lors de l’explosion il y a près de quarante ans. Cette installation, achevée en 2016, est cruciale : elle empêche la dispersion de matériaux radioactifs dans l’environnement et constitue l’un des piliers de la sécurité nucléaire en Europe.
Un risque symbolique et stratégique
Si les autorités ukrainiennes n’ont pas évoqué de libération immédiate de radiations, la perte d’électricité fragilise la surveillance et le système de ventilation du site, essentiels pour maintenir le confinement du réacteur accidenté.
« La Russie joue avec le feu nucléaire », a dénoncé un haut responsable ukrainien, rappelant que toute perturbation sur un site aussi sensible peut avoir des conséquences régionales.
La peur du précédent de 1986
Pour les Ukrainiens, l’attaque réveille de douloureux souvenirs. L’explosion du réacteur en avril 1986 avait contaminé une grande partie de l’Europe et marqué au fer rouge la mémoire collective. L’ombre de Tchernobyl plane donc à nouveau, renforçant la crainte que Moscou utilise les sites nucléaires comme levier de pression dans le conflit.
Appel à la communauté internationale
Kiev exhorte l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et ses alliés occidentaux à réagir fermement pour garantir la sécurité du site. L’AIEA, qui dispose d’experts sur le terrain, n’a pas encore confirmé l’ampleur des dégâts mais a exprimé sa « profonde préoccupation » face à la militarisation continue des infrastructures nucléaires ukrainiennes.
