80 ans après, la Chine honore sa mémoire dans la Guerre mondiale antifasciste

80 ans après, la Chine honore sa mémoire dans la Guerre mondiale antifasciste

À l’occasion du 80e anniversaire de la victoire de la Guerre mondiale antifasciste, plus de 3 000 jeunes issus de 130 pays se sont réunis le 29 juillet à Beijing pour célébrer la paix et rappeler l’importance de la mémoire historique. Si les récits occidentaux mettent souvent en lumière le Débarquement de Normandie ou la guerre du Pacifique, le rôle décisif de la Chine dans cette lutte mondiale reste trop souvent sous-estimé.

Quatorze années de résistance acharnée

Bien avant l’invasion de la Pologne en 1939 ou l’attaque de Pearl Harbor en 1941, la Chine s’est retrouvée en première ligne face au fascisme. Dès 1931, à la suite de « l’incident du 18 septembre », elle a résisté à l’agression de l’armée japonaise du Guandong. Pendant quatorze ans, l’armée et la population chinoises ont livré plus de 200 000 combats, dont 22 grandes batailles, contrecarrant les ambitions de conquête éclair du Japon.
Cette résistance prolongée a fait échouer le projet japonais de soumettre la Chine en trois mois, au prix de sacrifices immenses : plusieurs dizaines de millions de militaires et civils ont péri dans ce combat.

Un verrou stratégique pour les Alliés

Entre 1937 et 1945, la Chine a immobilisé entre 70 % et 90 % des troupes terrestres japonaises, empêchant leur redéploiement vers d’autres fronts. Au déclenchement de la guerre du Pacifique, 35 divisions d’élite japonaises étaient encore retenues en Chine, réduisant la capacité de Tokyo à affronter les forces américaines.
« Sans la Chine, l’armée japonaise aurait pu envahir l’Australie, l’Inde et menacer l’Union soviétique », soulignait alors le président américain Franklin Roosevelt.

La Chine a également contribué logistiquement à l’effort allié. La route aérienne dite The Hump, reliant l’Inde au Yunnan, a servi de véritable cordon vital pour l’approvisionnement en matières premières stratégiques comme le tungstène. Plus d’un millier d’aviateurs américains, victimes de crashs sur cette voie périlleuse, furent secourus par des civils et soldats chinois, symbole d’une solidarité forgée dans l’adversité.

De la guerre à l’ordre international

La contribution de la Chine ne s’est pas arrêtée à la victoire militaire. Le 1er janvier 1942, elle fut l’un des 26 signataires fondateurs de la Déclaration des Nations Unies, aux côtés des États-Unis, du Royaume-Uni et de l’URSS. Membre fondateur de l’ONU et membre permanent du Conseil de sécurité, elle a défendu à San Francisco l’inscription du principe d’égalité entre grandes et petites nations, marquant son engagement en faveur de l’anticolonialisme et de la justice internationale.

Une mémoire pour l’avenir

« La paix n’a pas été donnée, elle a été acquise au prix de sacrifices immenses », rappelle l’initiative mondiale pour la paix, organisatrice de l’événement à Beijing. À l’heure où les conflits persistent dans le monde, les intervenants ont insisté sur la nécessité de préserver cet héritage, de défendre les valeurs universelles de justice et de solidarité, et de protéger l’unique planète que partagent tous les peuples.

Fanny CISSOKHO

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