Crise en Allemagne : 51.000 emplois supprimés dans l’automobile

Crise en Allemagne : 51.000 emplois supprimés dans l’automobile

L’industrie automobile allemande traverse l’une de ses crises les plus sévères. Selon un rapport publié le 26 août 2025 par le cabinet de conseil EY, plus de 51.000 emplois ont été supprimés en un an, soit une baisse de près de 7 % des effectifs du secteur jusqu’en juin 2025.

Cette contraction fait de la filière automobile la branche industrielle la plus durement touchée en Allemagne. À l’échelle de l’ensemble de l’industrie, l’emploi a reculé de 114.000 postes sur la même période, soit une diminution de 2,1 %, pour atteindre 5,42 millions de salariés.

Un secteur sous pression

Le rapport, relayé par l’Agence de presse allemande (dpa), souligne que l’industrie automobile subit trois chocs simultanés : la demande mondiale en baisse, les droits de douane américains qui alourdissent le coût des exportations, et la transition coûteuse vers les véhicules électriques.

Les géants BMW, Mercedes-Benz et Volkswagen ont tous enregistré au premier semestre 2025 une forte baisse de leurs bénéfices, imputée en grande partie aux barrières tarifaires imposées par Washington.

« Les droits de douane continuent de représenter des milliards d’euros de coûts additionnels chaque année », a déploré Hildegard Müller, présidente de l’Association allemande de l’industrie automobile (VDA), appelant à des mesures de soutien pour un secteur en pleine mutation.

Un modèle d’exportation fragilisé

En 2024, l’Allemagne avait exporté environ 450.000 véhicules vers les États-Unis, selon la VDA. Parallèlement, les constructeurs allemands ont produit plus de 840.000 véhicules dans leurs usines américaines, dont près de la moitié ont été exportés dans le monde.

Mais ce modèle transfrontalier, qui a longtemps fait de l’Allemagne un acteur clé de la chaîne automobile mondiale, apparaît particulièrement vulnérable aux tensions politiques et commerciales.

Alors que la transition vers l’électromobilité exige des investissements massifs, la combinaison entre baisse de la demande, pressions protectionnistes et restructurations sociales alimente les inquiétudes sur l’avenir d’un secteur longtemps considéré comme le moteur de l’économie allemande.

Babacar DIOP

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