Tchad : le blogueur Makaila Nguebla déchu de sa nationalité, il porte plainte à Paris

Tchad : le blogueur Makaila Nguebla déchu de sa nationalité, il porte plainte à Paris

Au Tchad, la contestation prend une nouvelle tournure judiciaire. Le gouvernement a déchu de leur nationalité deux figures critiques installées à l’étranger : le blogueur Makaila Nguebla, ancien proche de la présidence durant la transition, et l’activiste Charfadine Galmaye. La décision, officialisée par un décret du ministère de l’Administration du territoire le mercredi 17 septembre, suscite une vague d’indignation.

Une décision qualifiée « d’illégale et absurde »

Installé en France où il bénéficie d’un statut de réfugié politique, Makaila Nguebla a saisi la justice française. Le vendredi 19 septembre, il a déposé une plainte à Paris pour contester ce qu’il considère comme une violation flagrante des droits fondamentaux.
Joint par RFI, le blogueur dénonce une décision qui contrevient « aux traités internationaux sur l’apatridie », rappelant que le Tchad est signataire de conventions internationales censées protéger les individus contre ce type de sanction.

Répression des voix dissidentes

Pour Makaila Nguebla, cette mesure illustre la stratégie répressive du pouvoir tchadien. « Aujourd’hui, au Tchad, quand vous contestez Mahamat Idriss Déby, vous êtes soit emprisonné, comme le cas de Succès Masra, ou bien, vous êtes déchu de votre nationalité, comme ce qui est arrivé mercredi », affirme-t-il.
Il y voit une incohérence politique et juridique : « Le Tchad signe des conventions internationales mais se contredit dans ses engagements. C’est un amalgame total », déplore-t-il.

Une affaire à portée internationale

Au-delà de la procédure judiciaire entamée en France, cette décision pourrait mettre N’Djamena en porte-à-faux sur la scène internationale. Les ONG de défense des droits humains rappellent que la déchéance de nationalité, lorsqu’elle conduit à l’apatridie, est contraire au droit international.
En attendant, le cas de Makaila Nguebla et de Charfadine Galmaye s’ajoute à une longue liste de figures critiques visées par les autorités tchadiennes, alimentant le débat sur la place laissée à la liberté d’expression dans le pays.

Seune Cheikh FAYE

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