Haïti : l’ONU approuve une nouvelle force antigangs pour tenter d’endiguer la spirale de violence

Haïti : l’ONU approuve une nouvelle force antigangs pour tenter d’endiguer la spirale de violence

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté, mardi 30 septembre, une résolution ouvrant la voie à la création d’une force internationale de répression des gangs en Haïti, alors que le pays caribéen est en proie à une insécurité chronique.

Une mission plus robuste

Portée par les États-Unis et le Panama, la résolution a obtenu 12 voix favorables, contre trois abstentions (notamment de la Chine et de la Russie). Elle prévoit la transformation de la mission multinationale de soutien à la police haïtienne en une force plus robuste, pouvant mobiliser jusqu’à 5 500 personnels en uniforme, mêlant policiers et militaires.

Répondre à une crise hors de contrôle

Depuis plusieurs années, Haïti est paralysé par la montée en puissance des gangs armés, qui contrôlent de larges pans du territoire, notamment dans la capitale Port-au-Prince. Les violences, enlèvements et assassinats y sont quasi quotidiens.
La décision du Conseil de sécurité vise à redonner de la capacité opérationnelle à l’État haïtien et à protéger les populations civiles piégées par les affrontements.

Une approbation sous tensions diplomatiques

Si la majorité des membres ont soutenu le texte, certaines puissances, dont Pékin et Moscou, ont choisi l’abstention, exprimant des réserves sur l’efficacité et la légitimité d’une telle intervention. Pékin a souligné la nécessité de solutions « plus durables » basées sur le dialogue politique interne, tandis que Moscou a dénoncé une approche trop centrée sur la sécurité au détriment du développement.

Un pari risqué

La mise en place de cette force, qui devra composer avec la méfiance d’une partie de la population haïtienne vis-à-vis des interventions étrangères, constitue un pari risqué mais jugé incontournable.
Pour Washington, cette mission représente une dernière chance de freiner la spirale de violence et de stabiliser un pays en crise humanitaire et institutionnelle depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021.

Seune Cheikh FAYE

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