Conakry : le journaliste Djiba Millimouno ramené au Haut Commandement après un bref passage au TPI de Kaloum

Conakry : le journaliste Djiba Millimouno ramené au Haut Commandement après un bref passage au TPI de Kaloum

Conakry – L’affaire Djiba Millimouno, ancien chroniqueur vedette des Grandes Gueules sur Espace FM, continue d’alimenter les débats dans la capitale guinéenne. Le journaliste, interpellé la semaine dernière à Kipé, a été déféré ce lundi 6 octobre devant le parquet du tribunal de première instance (TPI) de Kaloum, avant d’être finalement ramené au Haut Commandement de la Gendarmerie.

Selon une source judiciaire, ce retour s’expliquerait par un souci de compétence territoriale. Les faits reprochés au journaliste se seraient en effet produits dans le ressort du tribunal de Dixinn, et non de Kaloum. « Dès qu’il a été entendu par un magistrat, il a été ramené au Haut Commandement de la Gendarmerie », a précisé la même source.

Djiba Millimouno avait été arrêté jeudi dernier à Kipé, puis placé en garde à vue à la Brigade de recherche, avant d’être transféré à la Direction centrale des investigations judiciaires (DCIJ) de la gendarmerie à Kaloum. D’après plusieurs recoupements, l’affaire trouve son origine dans un différend avec l’activiste Maya la Solution.

Les deux se seraient croisés dans une supérette à Kipé, où une discussion animée aurait éclaté au sujet de l’enlèvement d’El Hadj Adama, père de Mamoudou Babila Keïta, à N’Zérékoré. Selon une source proche du dossier, « Maya aurait dit que Djiba n’était pas dans son esprit avant de le menacer de le faire arrêter à cause de ses propos ». Quelques instants plus tard, une équipe de la Brigade de recherche serait intervenue pour procéder à son arrestation.

La plaignante accuse le journaliste de violences et d’injures publiques, des faits que l’intéressé conteste. Pour l’heure, il demeure retenu au Haut Commandement de la Gendarmerie, dans l’attente d’une nouvelle orientation de son dossier, probablement vers le parquet de Dixinn.

Cette affaire suscite une vive émotion au sein de la presse guinéenne. Plusieurs confrères et associations de journalistes dénoncent une procédure « confuse » et appellent au respect de la liberté de la presse ainsi qu’à un traitement équitable du dossier.

Dans un climat médiatique déjà tendu, l’affaire Djiba Millimouno met une nouvelle fois en lumière les relations complexes entre les journalistes, les activistes et les forces de l’ordre à Conakry, où les questions de liberté d’expression restent au cœur du débat public.

Seune Cheikh FAYE

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